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Les langues locales au Cameroun

le bassa une des nombreuses langues locales du cameroun le bassa une des nombreuses langues locales du cameroun www.afroconceptnews.com

Même si dans la société camerounaise, Les langues nationales sont très répandues, on ne peut s'adresser à toute la société dans une de ces langues. Pour s'adresser au Cameroun tout entier ainsi qu'à l'Afrique francophone, le français s'impose comme étant la langue que la majorité des gens comprennent. Par ailleurs, le choix d'une langue nationale provoque généralement une attitude de rejet de la part des autres, alors que Le français reste relativement neutre.

Deux articles font allusion aux langues camerounaises dans la loi n° 98/004 du 14 avril 1998 d'orientation de l'éducation au Cameroun. D'abord, l'article 5 prévoit cette disposition:

Article 5: Au titre de la mission générale définie à l'article 4 ci-dessus, l'éducation a pour objectifs :

[...]

4) la promotion des langues nationales ;

Puis l'article 11 déclare:

  1. L'État assure l'élaboration et la mise en oeuvre de la politique de L'éducation à laquelle concourent les collectivités territoriales décentralisées, les familles ainsi que les institutions publiques et privées.

À cette fin, il [...] veille à l'adaptation permanente du système éducatif aux réalités économiques et socio-culturelles nationales ainsi qu'à l'environnement international, particulièrement en ce qui concerne la promotion des Enseignements scientifiques et technologiques, du bilinguisme et l'Enseignement des langues nationales;

Évidemment, l'Enseignement des langues nationales est resté à l'état embryonnaire. De toute façon, il n'existe aucun programme officiel et les manuels dans ces langues sont inexistants. Le bilinguisme institutionnel du Cameroun ne laisse aucune place aux langues nationales; l'individu qui ne parle que sa langue maternelle est prisonnier dans son propre pays. En dehors du village, point de salut! Pour savoir Le français ou L'anglais, il faut fréquenter l'école. Or, le taux d'analphabétisme frôle généralement les 40 %.

En cas de force majeure, il faut bien que les fonctionnaires aient recours à quelques-unes des langues nationales. L'usage prévalant dans les cours de justice se perpétue nécessairement au sein de divers services municipaux. Comme Les langues nationales ne sont pas écrites, on ne peut les employer ni dans les missives ou messages adressés aux citoyens ni dans la presse écrite.

Les langues nationale sont cependant employées (tolérées?) à la radio: huit heures quarante minutes hebdomadaires pour 28 langues. Au plan provincial, de 20 % à 25 % des émissions sont diffusées dans Les langues nationales camerounaises, le reste étant en français, puis en anglais. En général, les émissions en langues nationales servent à la diffusion des messages gouvernementaux aux masses illettrées. Quelques stations émettent en pidgin-english, surtout dans les émissions d'information, d'éducation sanitaire ou agricole. La chanson en langue autochtone diffusée à la radio connaît beaucoup de succès dans tout le pays. Il n'y a aucune émission en langues nationales à la télévision.

Bref, aucune des langues camerounaises n'est utilisée dans l'Administration, la presse écrite, la publicité, la télévision nationale, ni dans l'Enseignement officiel, pas même dans les campagnes d'alphabétisation financées par l'État. Il n'est pas étonnant que l'emploi des langues nationales reculent d'année en année et régressent devant le rouleau compresseur du français. Selon des études universitaires, les adultes francophones déclarent qu'en famille ils utilisent la langue maternelle dans 52 % des situations évoquées, contre 42% de temps d'utilisation du français. Les jeunes de 10 à 17 ans interrogés dans les mêmes familles affirment qu'ils utilisent Le français à 70 % dans les mêmes situations de communication familiale.

Parallèlement, Le Gouvernement camerounais ne finance plus la recherche sur Les langues locales depuis 1990. Il n'existe aucun organisme gouvernemental chargé de la protection et de la promotion des langues nationales, ce qui est contraire à l'article 1 (par. 3) de La Constitution et aux articles 5 et 11 de la loi n° 98/004 du 14 avril 1998 d'orientation de l'éducation au Cameroun. Cette partie de la loi destinée à promouvoir «Le bilinguisme et l'Enseignement des langues nationales» n'a jamais été mise en vigueur. À ce rythme, on peut penser que la politique linguistique visant la promotion des langues camerounaises prendra sûrement quelques décennies à se réaliser. À ce moment-là, la plupart de ces langues auront disparu, d'autant plus que la politique est uniquement orientée vers l'Enseignement comme une fin en soi et ne prévoit aucun objectif de développement socio-économique relié à ces langues.

Devant l'indifférence de l'État à l'égard des langues camerounaises, la revanche des citoyens se traduit par l'utilisation du pidgin-english, langue de communication plus populaire que Le français et L'anglais réunis, particulièrement dans tout le Sud-Ouest ainsi qu'à Yaoundé. C'est la langue camerounaise de tout le monde, celle qu'on utilise au marché, à l'église, chez le médecin, au commissariat de police et dans les conseils d'administration de la capitale. Certains politiciens n'hésitent même plus à s'adresser en pidgin-english à leurs électeurs potentiels et la radio d'État y a recours dans les situations d'urgence. Bien qu'il soit interdit officiellement et détesté par plusieurs, cet «anglais de brousse» semble un «mal nécessaire» dans ce pays où règne un multilinguisme omniprésent.

Le bilinguisme institutionnel du Cameroun se veut égalitaire quand il s'agit des Symboles de l'État (timbres, billets de banque, Parlement, rédaction des lois), mais il ne peut prétendre l'être sur le plan des services. Il ne dispense pas non plus la «minorité officielle» de la connaissance du français. Les anglophones doivent en effet faire beaucoup plus d'efforts pour parler et écrire Le français que ne le font les francophones pour L'anglais. Le Cameroun demeure le seul État bilingue (français-anglais) au monde où L'anglais recule devant Le français. Mais il est improbable que L'anglais, en raison de son importance stratégique sur le plan international, finisse par être complètement évincé par Le français.

Au plan des langues nationales, la politique du Cameroun est embryonnaire et déjà dépassée. Beaucoup de Camerounais sont convaincus que leur gouvernement ignore délibérément Les langues nationales et impose Le français aux dépens de L'anglais pour des raisons politiques, en l'occurrence L'unification nationale.

Vu 689 fois Dernière mise-à-jour : samedi, 21 février 2015 11:46
bems

Je reste convaincu que pour mieux développer notre pays, nous, camerounais avons besoin non seulement de bien le connaître, mais aussi de mieux nous connaître nous même...

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