×

Avertissement

Échec du chargement du fichier XML

Les langues du Cameroun

journée internationale de la langue maternelle qui se célèbre le21 février journée internationale de la langue maternelle qui se célèbre le21 février www.journalducameroun.com

C'est dans ce monde complexe (entre 250 et 300 langues) que se formèrent les principales langues véhiculaires camerounaises: le foulfouldé ou peul qui est en usage dans tout le Nord (à l'exception du Logone-et-Chari où domine l'arabe), le béti et le bassa dans le Centre-Sud, le boulou et le pidgin-english dans l'Ouest et sur le littoral (provinces francophones de l'Ouest et du Littoral comprises), chacune dépassant aujourd'hui les trois millions de locuteurs. On utilise aussi l'éwondo dans la banlieue de Yaoundé et le douala sur la côte.

Il faut apporter quelques précisions au sujet du pidgin-english. Il s'agit d'une sorte de créole comparable à ceux utilisés aux Antilles, mais il est surtout pratiqué au Cameroun dans les zones à forte diversité linguistique (pays bamiléké et Grassfields), ainsi qu'à Douala où le cosmopolitisme de la ville a imposé cette langue véhiculaire dans les transactions commerciales. On peut même affirmer que le pidgin-english demeure la langue la plus parlée dans le pays, car elle sert de langue véhiculaire dans les deux provinces anglophones et dans les provinces francophones de l'Ouest et du Littoral, contiguës aux provinces anglophones. C'est également l'idiome véhiculaire dans les grandes villes commerçantes dont évidemment Douala, mais aussi Ebolowa, Mbalmayo, Yaoundé (la capitale), Batouri, Ngaoundéré, etc. On compte au total au moins deux millions de locuteurs. Un certain nombre de Camerounais parle le pidgin-english comme langue maternelle. Le pidgin-english est grandement utilisé comme langue véhiculaire dans les deux provinces anglophones (Nord-Ouest et Sud-Ouest) du Cameroun ainsi que dans les provinces françaises limitrophes (Ouest et Littoral). On estime que 80 % des Camerounais anglophones peuvent utiliser le pidgin-english, alors que 40 % des Camerounais francophones y auraient également recours. Lorsque, par exemple, deux Camerounais ne s'expriment pas dans la même langue officielle, ils ont recours au pidgin-english. Par ailleurs, le pidgin-english parlé par les anglophones et celui parlée par les francophones ne sont pas identiques. Il existe des différences phonétiques et lexicales, ce qui complique l'intercompréhension. Selon certains, le pidgin-english parlé par les anglophones peut apparaître comme une sorte de dialecte par rapport à l'anglais (un «anglais de brousse»), car il demeure dans une continuité interlinguistique. Par contre, le pidgin-english parlé par les francophones est dans un rapport de discontinuité interlinguistique avec le français. Ce sont des pidgins relativement autonomes.

On peut mentionner également une variété de pidgin appelée camfranglais. C'est une sorte de franglais camerounais argotique tiré du français, de l'anglais, du pidgin-english et d'autres langues locales. En voici un exemple: «La big-reme va bring mon binji au school» (La grand-mère est allé prendre mon petit frère à l'école). Ce parler connaît une dispersion et une pénétration sociales importante au Cameroun, mais il demeure surtout un parler de jeunes entre amis ou familiers.

Par ailleurs, la population camerounaise est considérée comme bilingue: elle est majoritairement francophone (env. 78 % de la population), mais compte une minorité de quelque 22 % d'anglophones vivant dans la partie ouest (provinces du Nord-Ouest et du Sud-Ouest), autrefois sous administration britannique. Le Cameroun applique la formule de la division territoriale des langues coloniales. Le sud-ouest du pays (provinces du Nord-Ouest et du Sud-Ouest) constitue la portion anglophone; tout le reste, la partie dite francophone. Même si le français et l'anglais sont reconnus à égalité dans l'administration, l'éducation, le commerce et les médias, on verra que la balance est plus lourde d'un côté que de l'autre, d'autant plus que Yaoundé, la capitale politique, et Douala, la capitale économique, sont situées toutes deux dans la zone francophone. Il faut dire aussi que le régime francophile en place depuis l'Indépendance a toujours favorisé les francophones aux dépens des anglophones. D'ailleurs, la progression rapide du français, particulièrement dan les provinces anglophones, fait de cette langue l'idiome le plus diffusé et le facteur d'unification primordial du pays.

Dans les faits, le français parlé par les Camerounais est grandement influencé par des emprunts aux langues locales comme le béti, le douala, mais aussi par l'anglais et le pidgin-english. De plus, les Camerounais ont créé de nombreux néologismes français propres au Cameroun: accélérateur («aphrodisiaque»), adversaire («maîtresse»), balafong («xylophone»), bordelle («putain»), bourrer («mentir»), cadeauter («offrir un cadeau»), enceinter («rendre enceinte»), grever («faire la grève»), ivoirien («personne qui n'y voit rien»), joueur («personne qui joue le rôle principal dans un film»), main de banane («portion de banane»), nordiste (habitant le Nord»), palabrer («se plaindre»), planton («garçon de bureau»), promotionnaire («camarade de promotion»), radio-trottoir («rumeur publique»), sucrerie (boisson sucrée»), taxi-man («chauffeur de taxi»), washman («blanchisseur»), etc.

La situation linguistique présente
Les langues maternelles, jadis dites vernaculaires et maintenant qualifiées de nationales, sont les langues premières de chaque ethnies : peu s'écrivent, aucune n'est véritablement enseignée et beaucoup sont encore très mal répertoriées.
Les langues vernaculaires se sont spontanément diffusées comme moyen de communication entre ethnies divers d'une même région :

L'arabe
Dans le Logone-et-Chari, lien culturel entre les citadins kotoko et les éleveurs choa ;

Le Mandara
Permettant l'intercompréhension entre les petites ethnies montagnardes du nord du massif du même nom ;

Le foulfouldé
Répandu dans toute la zone peuplée, parcourue et, naguère dominée par les foulbés, et depuis la colonisation, propagé comme langue administrative dans tout le nord ;

Le pidgin
Anglais simplifié et africanisé, implanté sur la côte avant l'arrivée même des Allemands, puis propagé par eux et par les missionnaires chrétiens dans tout l'ouest, bien au delà de l'ancienne zone britannique : il a servi même de lien entre les groupes bamiléké aux parlers très différents ;

Le bassa et l'éwondo
Dans le Centre et le Sud, ce dernier bénéficiant d'une intercompréhension aisée au sein du groupe béti-boulou-fang.Les langues officielles sont l'héritage des derniers régimes coloniaux : anglais à l'ouest, français à l'est. Le Cameroun seul Etat bilingue de ce type en Afrique, fait ainsi charnière entre les deux grands ensembles francophone et anglophone. Il est passé d'un bilinguisme par juxtaposition de deux Etats fédérés unilingues (République Fédérale, 1960-1972) à un bilinguisme généralisé (République unie).

Vu 9 fois Dernière mise-à-jour : lundi, 16 février 2015 16:15
yna

Plus dans cette catégorie : « Le bilinguisme au Cameroun