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Le peuple Moundang

Les Moundang représentent à plus d'un titre une des ethnies les plus complexe du Nord-Cameroun. Leur habitat s'étend de part et d'autre du 10e parallèle (frontière Cameroun-Tchad) et sont établies principalement dans l'Arrondissement de Kaélé.

Leur origine retient d'abord l'attention. Les Moundang se seraient établis à Kaélé depuis environ plus de treize générations. Mais ceci n'explique pas certains caractères de leur civilisation : souvent une case à toit plat, tout à fait inadaptée à la pluviométrie locale, subsiste dans les « sarés » et vient incontestablement du « Nord » (elle peut, de plus, être séparée en deux ou trois pièces grâce à un pilier central où sont façonnées des étagères, ce qui ne se rencontre pas ailleurs) ; des calebasses teintes en rouge et décorées, comme celles que l'on rencontre chez les Mandara ; les danses (où quelques femmes tournent en rond en chantant à l'intérieur d'un cercle d'hommes) certains chants (mélopées) accompagnés au violon ; le fait que même jadis les forgerons semblent n'avoir jamais eu la charge de l'enterrement et n'avoir jamais constitué un groupe endogame ; ces éléments et d'autres encore (tel l'ancien Zabou Léré, sorte de « Ramadan » où il faut observer durant une lune certaines règles de conduite ayant un sens moral : ne pas trop boire, ne pas battre sa femme, etc...) pourraient dénoter une ancienne origine sahélienne et même un contact prolongé avec l'Islam.

Mais de nombreux caractères authentiquement « païens » apparaissent également, par exemple, certains anciens (Passiri) sont enterrés avec une peau de mouton autour des reins et seuls d'autres anciens peuvent manger la viande de l'animal sacrifié ; les jumeaux, jadis tués, étaient à l'époque suivante souvent confiés à des forgerons.

Ainsi donc les Moundang nous apparaissent comme un groupe composé en majeure part d'anciens éléments sahéliens ou même « islamisés en dissidence » qui se seraient greffés sur différents groupes « païens » locaux.

On ne peut parler des Moundang sans signaler l'engouement étonnant de ce groupe pour ce qu'il

est convenu d'appeler l'évolution. Le taux de scolarisation y est le plus élevé du Nord. Le christianisme s'y est développé bien plus vite qu'ailleurs, et la religion musulmane aussi. La culture du coton semble s'y être étendue au point d'avoir, en certains lieux, chassé le mil nourricier (qui est « importé » assez souvent de l'arrondissement voisin de Mindif). La charrue et les boeufs attelés ne sont plus des nouveautés. En contre-partie les cases peu soignées donnent une apparence d'abandon, et de l'artisanat local il reste bien peu de choses.

Vu 337 fois Dernière mise-à-jour : lundi, 16 février 2015 18:01
yna