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Le peuple Mofou

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Les Mofou représentent un groupe d'environ 52 000 personnes établies principalement sur la chaîne de massifs séparant le Nord du département du Diamaré de l'Arrondissement de Mokolo, 29 000 personnes environ sur l'Arrondissement de Méri, autant sur celui de Mokolo, et 5 000 personnes environ réparties dans différents cantons des Arrondissements de Maroua et de Mokolo ; le centre de gravité de ce peuplement se situant dans la partie Nord du canton de Mokong (Goudour-Gouloua).

Progressivement aux deux extrémités de ce terroir, des « descentes en plaine » assez importantes se sont produites, spontanément dans le sud (canton de Mofou Sud et canton de Gawar sur les rives du Mayo Louti), et parfois sollicitées dans le Nord (cantons de Tchéré et de Godola). Malgré ces départs, les densités de populations demeurent très élevées sur les principaux massifs (de 70 à 120 Hbs au km²), ce qui est tout à fait à l'image de ce qui s'observe en pays Matakam, voisin.

En fait de grandes ressemblances apparaissent entre les Mafa (ou Matakam) et les Mofou, même si les massifs Mofou paraissent encore plus arides, plus secrets, moins aérés par d'amples vallées comme il s'en rencontre au pays Mafa. Ces deux ethnies sont manifestement « cousines », et bien représentatives de cette ancienne civilisation africaine que certains nomment paléonigritique.

Le « forgeron » (et sa famille) y conserve une place essentielle (enterrements, poteries, accouchements, « médecine », divination et forge), ainsi que le Maître des sacrifices de chaque massif, qui est souvent le descendant du premier occupant et qui décide de la date de célébration des différentes fêtes.

Comme chez les Mafa le bœuf de case est sacrifié tous les trois ans lors d'une fête nommée par les deux groupes « Maraï » (appellation du bœuf de case). Comme chez les Mafa les principaux instruments de musique sont des hochets, des cornes percées, et surtout la petite harpe à cinq cordes (pas de violons) ; comme chez les Mafa le fer est travaillé, mais non le cuivre (les deux sont travaillés chez les Kapsiki et les Daba) ; comme chez les Mafa on ne donne pas à l'enfant un prénom selon son rang de naissance (contrairement à ce qui se fait chez les Kapsiki, Daba, Hina,...) ; l'enfant reçoit différents noms qui lui sont attribués par son père, sa mère, parfois l'oncle (maternel) et souvent le forgeron.

L'on ne peut parler des Mofou sans nommer le massif de Goudour (ou Goudoul) qui semble avoir été jadis le centre d'une importante chefferie. De nos jours le chef de Goudour, est réputé comme Maître de la pluie et comme Maître des « criquets » (porteurs de famine). C'est de fort loin que l'on sollicite sa protection spirituelle.

En ce qui concerne les « criquets », il faut s'enfoncer bien loin au cœur de massifs caparaçonnés d'immenses dalles désertiques (les cultures y sont interdites) ; là se trouvent des excavations, aujourd'hui celées et surmontées de poteries, qui auraient été le point de départ des invasions d'acridiens locales. Jadis des sacrifices humains étaient effectués à cet endroit (jeunes couples. Une certaine coutume du « bœuf émissaire » semblait être le pendant de ces sacrifices : on remettait, au hasard d'une rencontre, un bœuf (chargé de tous les torts causés) à un quelconque adolescent d'un autre groupe ethnique.

Mais si l'influence de Goudour a pris du renom c'est sans doute grâce aux nombreuses migrations dont il a été le point de départ. On ne peut aller en une quelconque ethnie à cent kilomètres à la ronde sans entendre prononcer le nom de Goudour : chez les Hina les « Dzaouna Goudoul », établis au village de Zouvouk, ont émigré de Goudour il a y sept générations ; chez les Daba le Maître de la pluie de Popologozom est descendant d'un « Goudour » ; les Oula du pays kapsiki se prétendent de la même souche et font toujours des offrandes pour la pluie à Goudour ; nous avons mentionné, chez les Moundang, le clan zatoké issu d'une famille forgeronne mofou : même chez les Mandara on parle de Goudour.

De nos jours le pays Mofou est sans doute l'un des plus pauvres qui, et si des phénomènes de « descente en plaine » ont été provoqués par l'Administration, d'autres départs aussi nombreux si ce n'est davantage, se sont faits spontanément du seul fait de l'insuffisance des subsistances dans certains massifs. Ces descentes, d'abord saisonnières, se transforment de plus en plus en implantations définitives, et si la recherche de terres vacantes les provoquent, une certaine attirance vers la civilisation foulbé semble également y contribuer.

Vu 361 fois Dernière mise-à-jour : lundi, 16 février 2015 18:13
yna

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