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Le peuple Guiziga

cameroun missionnaire chez les guiziga.N° 120 avril 1979 cameroun missionnaire chez les guiziga.N° 120 avril 1979 www.le-live.fr

Les Guiziga représentent un groupe « païen » d'environ 55 000 personnes, ce qui les situe au point de vue numérique au cinquième rang des populations camerounaises du Nord après les Foulbé, les Mafa, les Toupouri et les Massa. Etablis presque exclusivement dans la partie occidentale du département du Diamaré, leur habitat peut se scinder en deux grandes zones. Une zone purement Guiziga inscrite dans le quadrilatère Loulou-Mindif-Minjil-Titing (et englobant les cantons de Moutouroua, Midjivin, Ouzal Loulou, Gawel et Ndoukoula) dont les abords sont peuplés de Foulbé à l'Ouest (Ndoukoula, Gawel) et au Nord (Zongoya, Salak, Yakang, Djappaï), de Moundang à l'Est (Boboyo, Kaélé) et de Guidar ou Mbaïnawa au Sud (Mboursou, Lam). La densité de ce terroir, où vivent environ 30 000 Guiziga, peut être évaluée à 25 Hbs au km2.

Dans la deuxième zone située au Nord de l'axe Mindif-Loulou, et qui s'étend jusqu'au nord du département, le peuplement est beaucoup plus hétérogène ; quelque 23 000 Guiziga y vivent enchevêtrés aux Foulbé et aux Mofou de plaine.

Avant la conquête Foulbé au début du siècle dernier, les Guiziga étaient très vraisemblablement les maîtres du sol de ces deux zones dont les chefs-lieux devaient être Roum (Moutouroua) au Sud et Marva (Maroua) au Nord.

Mais depuis la domination peule, la pureté ethnique de ce groupe, sans doute surtout chasseur à l'époque semble s'être fortement altérée. D'incontestables brassages avec les Moundang et peut-être les Mbaïnawa ont effacé de nombreuses coutumes originelles. Si on retrouve vivantes quelques traditions sur le massif de Loulou, escarpement rocheux qui prolonge le pays Mofou au-delà de la passe de Boula, par contre dans la plaine (cotonnière) où la plupart vivent, les tabous d'hier ont disparu.

Ce n'est plus le « forgeron » qui a seul la charge des enterrements, ce qui est encore vrai à Loulou, et il n'est par conséquent plus défendu de s'allier aux familles « forgeronnes » hier encore endogames (les chefs des villages de Zibou et de Moumour par exemple ont des épouses « forgeronnes ». Les poteries sont modelées par tous. De plus la circoncision fait son apparition bien que le paganisme demeure. Aux lanières de cuir qui gardaient la pudeur des femmes sont substitués des linges souvent loqueteux. Mais les scarifications du visage et des bras, les dents taillées en pointe, et les cheveux rasés au-dessus des tempes se rencontrent encore souvent.

Les principales fêtes annuelles sont nommées Mogouldom et Mobsar. Les danses qui les animent sont des piétinements de groupe animés par un maître du chant. Comme chez les Mafa et les Mofou on ne donne pas un prénom à l'enfant selon son rang de naissance, mais ici le sacrifice tri-annuel d'un bovin (maraï) n'a pas lieu (pas de boeuf de case).

Certains hauts-fourneaux, aujourd'hui délabrés, rattacheraient également les Guiziga à l'ancienne civilisation africaine (paléonigritique), ainsi que la tradition selon laquelle un des rameaux Guiziga serait issu de Goudour (encore) en pays Mofou.

Mais il semble bien que ces éléments « paléonigritiques » ont été noyés sous des apports différents chassés des plaines par les cavaliers Foulbé.

La harpe pentacorde de taille moyenne, comme chez les Mofou, mais dont la caisse est renflée comme chez les Toupouri, égrène des airs que l'on retrouve chez les Toupouri et les Moundang, et qui évoquent plus les vastes perspectives des plaines inondées que la rude aridité des massifs.

Vu 319 fois Dernière mise-à-jour : mercredi, 18 février 2015 18:02
yna