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mardi, 21 janvier 2014 13:01

Le peuple Fali

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Les Fali (Mongo-Dari et Ngobri) représentent une ethnie d'environ 42 000 personnes établies principalement dans les massifs situés sur l'axe SSO-NNE, Garoua-pays Daba.

Très étudiés, par rapport aux autres Ethnies établies au nord de la Bénoué, en raison de certaines de leurs caractéristiques ethnologiques (1) - et de la proximité de certains d'entre-eux de Garoua-Ville ils ont généralement été répartis par les auteurs en quatre groupes distincts : Tinguelin (env. 4 300), Kangou (env. 5 900), Peské Bori (env. 8 300), et massif dit de « Bossoum » (accolé au massif Daba de Popologozom, env. 10 000)

A cette numération il convient d'ajouter ceux établis en plaine au nord et au sud de Dourbey et Mayo Oulou (env. 5 000), ceux établis entre le Peské Bori et le Kangou dans le canton de Dembo (env. 2 000), ceux établis à l'Ouest du Kangou (cantons de Baschéo et de Demsa, env. 2 500), plus de petits groupes épars dénombrés dans les cantons avoisinants (Golombé, Libé, Bé, Garoua, env. 4 000).

Ces chiffres sont ceux relevés par l'administration en 1958-1959 ; à leur sujet il est à signaler qu'ils semblaient, en 1960, inférieurs de 15 à 20 pour cent à la réalité dans le Peské Bori, le sondage ayant relevé 20 pour cent de personnes de plus que la base de sondage administrative n'en indiquait. Rappelons que ce phénomène a été général pour tout le Nord-Cameroun, et plus particulièrement dans Les Régions retirées.

Le centre de gravité de cette population paraît se situer dans le Peské Bori. La densité de La population fali « montagnarde » (environ les 3/4), assez faible dans le Tinguelin (inférieure à 20 hab. au km²), varie de 35 à 50 hab. au km² dans les trois autres groupements.

Ce groupe se distingue nettement des principales populations « païennes » de montagne que nous avons rencontrées, en ce sens que la plupart de ses membres paraissent avoir perdu, depuis longtemps, les pratiques et les vertus que l'on rencontrent auprès des représentants de la civilisation de l'ancienne Afrique (Mafa, Mofou, Daba).

C'est ainsi, principalement, que le Forgeron n'occupe plus chez Les Fali le rôle essentiel qui est encore demeuré le sien auprès des groupes qui ont maintenu l'intégralité de leur tradition.

Ce n'est généralement plus lui qui s'occupe des enterrements, et il semble pouvoir maintenant s'allier (se marier) avec les « non-Forgerons », contrairement au groupe endogame que constitue les « Forgerons » traditionnels par ailleurs. Il n'est plus, par voie de conséquence, le personnage occulte et redouté au point que l'on ne puisse manger dans le même plat que lui.

De même les femmes de « Forgerons » n'ont plus l'exclusivité de la fabrication des poteries, qui peuvent être façonnées par tous. S'il a, sans doute, conservé des activités divinatoires et para-médicinales, sa femme par contre n'intervient plus automatiquement pour aider à la délivrance lors d'un accouchement. Bref il est devenu un artisan du fer tout simplement.

Cette évolution peut s'observer chez Les Guiziga descendus en plaine dans le sud du Diamaré, qui commencent à suivre le même cheminement avec également l'adoption de la circoncision sans qu'il y ait pour autant islamisation.

Mais d'autres indications montrent également que Les Fali semblent avoir beaucoup perdu de leurs vertus ancestrales, et tranchent avec les autres groupes « païens » de montagne. Le nombre d'enfants mis au monde est le plus modéré qui se puisse rencontrer auprès des populations « païennes » du Nord- Cameroun. La réputation des femmes est d'être extrêmement volages et coquettes.

On relève aussi la pauvreté en instruments de musique pour une population «païenne » de montagne. Mais la dot est demeurée au niveau modeste des groupes de montagne, bien qu'environ la moitié de sa valeur actuelle soit versée en numéraire, comme chez les islamisés.

Groupe « païens » composite, ayant coupé ses amarres ancestrales et qui semble aller vers un port étranger (islamisation, urbanisation) avec des effectifs de moins en moins nombreux.

Vu 493 fois Dernière mise-à-jour : samedi, 21 février 2015 12:44
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bems

Je reste convaincu que pour mieux développer notre pays, nous, camerounais avons besoin non seulement de bien le connaître, mais aussi de mieux nous connaître nous même...

Site internet : monayah3.org/communaute/profile/72-bembone-eugene