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L'ethnie douala

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Les Douala habitent la région de l'estuaire du Mungo, du Wouri et de la Dibamba. La ville de Douala et ses environs constituent leur principale zone de concentration.

Ardener (1956: 17) a présenté une histoire détaillée de l'origine des Douala selon la tradition. Il en ressort que l'ancêtre le plus lointain des Douala s'appelait Mbongo. Un de ses descendants nommé Mbedi était le père de l'ancêtre direct appelé Ewalé. Selon l'histoire, les Douala viendraient de Bakota, dans la région du Gabon et du Congo actuels mais le seul point fixe connu dans leur migration est Pitti, sur la Dibamba.

À Pitti, un frère d'Ewalé appelé Dibongo, ancêtre des Limba, se sépara des autres. Les Douala sont restés longtemps à Pitti avant de descendre la Dibamba jusqu'à son embouchure et d'aller vers le nord-ouest jusqu'à la rive orientale de l'estuaire du Wouri, s'installant parmi les Bakoko, chez les Bassa. Plus tard, ils ont occupé les deux côtés de l'estuaire, repoussant les Bassa vers l'intérieur. La date de cette installation n'est pas précise, mais bon nombre de personnes la placent entre le 17è et le 18è siècle.

Au début du 19è siècle, le roi Bell était le plus puissant des chefs douala qui se faisaient concurrence et essayaient de traiter indépendamment et directement avec les commerçants étrangers. Le roi Bell était de la sixième génération après Ewalé. Il perdit son hégémonie en 1814 lorsque le chef d'une branche de la tribu se fit roi sous le nom de "King Akwa ». À partir de ce moment-là, deux chefs furent reconnus chez les Douala: le roi Bell et le roi Akwa. Plus tard, d'autres chefs à la tête de certaines lignées émergèrent. Les quatre principales chefferies actuelles (Bell, Akwa, Deido et Bonabéri) représentent les lignées suivantes: Bonanjo (descendants de Njo) dont les Bonapriso (descendants de Priso) sont une branche; Bonaku (descendants d'Akwa); Bonebela (descendants d'Ebele-Deido), branche séparée des Bonaku et Bonabéri (descendants de Bele), ces derniers habitant la rive ouest de l'estuaire du Wouri. En 1884, les deux chefs douala, Bell et Akwa, signent des traités d'annexion avec des hommes d'affaires allemands qui étaient déjà sur la côte.

Beaucoup d'éléments distinguent les Douala des autres groupes tribaux du Cameroun. Premièrement, les contacts intensifs qu'ils ont eu très tôt avec les Européens (commerçants, missionnaires et explorateurs) plusieurs années avant la colonisation. Les Douala ont ensuite établi leur hégémonie en tant qu'intermédiaires dans le commerce des esclaves, de l'huile, des noix de palme et de l'ivoire entre les Européens et les populations de l'intérieur. Pendant la période coloniale et par la suite, ils ont rapidement atteint un haut degré d'alphabétisation. Richard Joseph (1977:15-17) soutient que ce haut degré d'alphabétisation et leur capacité à rechercher ardemment leurs intérêts sans s'embarrasser de la crainte du Blanc sont les facteurs qui ont rehaussé la prééminence des Douala sur les autres populations du Cameroun. Ils savaient recourir aux pétitions, aux poursuites judiciaires et à toutes formes de pressions politiques pour s'opposer à ce qu'ils considéraient comme injustices et affronts commis à leur égard par les Administrations allemande et française.

La combinaison des facteurs suivants: alphabétisation précoce, combativité et richesse acquise grâce au commerce commencé tôt sur la côte et à la propriété foncière, fait des Douala un groupe numériquement réduit mais politiquement et économiquement puissant.

Vu 787 fois Dernière mise-à-jour : samedi, 21 février 2015 11:07
yna