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La problématique de l’hymne national du Cameroun


49 ans que ça dure. Les Camerounais uti lisent deux versions diff érentes de leur hymne nati onal, d’après le Dr Thomas Théophile Nug Bissohong dans son essai inti tulé « L’hymne nati onal du Cameroun : Un poème-chant à décoloniser et à réécrire, relectures criti ques et perspecti ves ». L’ouvrage a été présenté récemment à Yaoundé, au cours d’un pré-débat, animé par le directeur des éditi ons Clé, Marcellin Vounda Etoa. Cet ouvrage de 94 pages remet en cause les fondements de l’hymne. Dans sa version française de 1970, il n’a qu’un seul vers en commun avec la traducti on de 1978 faite par Bernard Fonlon, d’après l’auteur. Le préfacier, Jacques Fame Ndongo, explique dans le préambule: « Un hymne nati onal est, avant tout, par-delà sa connotati on politi que, un système de signes justi ciable d’un décodage textuel poétique (au sens structural du terme) ».


Dans cet essai, l’auteur démontre que le texte s’apparente plus à un poème qu’à un hymne. « On ne peut pas faire silence sur une situati on aussi grave. Une juxtapositi on de deux hymnes dans un même pays. C’est un sujet qui nous interpelle tous », dit-il. Le premier vers du refrain, « Chère patrie, terre chérie », de la version française rédigée en 1928 par certains élèves de l’école de Fulassi, est traduit par Bernard Fonlon en termes de « Land of promise, land of glory ». Une diff érence qui amène l’auteur à proposer une refondati on de l’hymne, les deux versions n’ayant pas la même signifi cati on.

Le débat actuel n’est pas le premier du genre.

En 1957, au moment de son adopti on, des parlementaires ont remis en cause la créati on d’un hymne tout comme d’autres symboles nati onaux trois ans avant l’indépendance. « Les députés ont fi ni par trancher sur l’existence de deux textes diff érents de l’hymne du Cameroun », explique l’auteur. C’est donc pour pallier cett e situati on qu’il propose dans son ouvrage de revisiter toutes les traducti ons de cet hymne dans nos langues nati onales. Un exercice qui permett rait de retrouver des éléments d’identi fi cati on communs à toutes les régions du pays.

L’auteur déroule l’histoire d’un hymne composé avant l’indépendance du pays. Comme pour relever la « brouille » dans laquelle vivaient les Camerounais des parti es «anglophone» et «francophone ». Nug Bissohong a posé sa marque. Des textes d’auteurs qui l’ont précédé dans le sujet sont mis en exergue.
source: A.B/ C.T/MLK

Comment une ancienne chanson populaire est devenue l’hymne national du Cameroun


Le 26 Octobre 1957, l’Assemblée législati ve adopte l’hymne offi ciel et la devise du Cameroun. Le vote du projet de loi y relati f déposé par le gouvernement Mbida ayant été eff ectué à main levée, Daniel Kemajou, président de l’Assemblée, déclare: « En mon nom, et au nom de l’assemblée, comme en celui du gouvernement, je remercie ceux qui ont composé l’hymne offi ciel de l’Etat du Cameroun et je vous demande de chanter en choeur ». Tous les députés se lèvent alors, et entonnent, de plusieurs voix, « le chant de ralliement », créé en 1929 par les élèves de l’ecole normale de Foulassi, dans la banlieue de la ville de Sangmélima.


En Janvier 1926, pour la formation de ses cadres enseignants, la Mission presbytérienne américaine ( MPA ) installée au Cameroun depuis les années 1890, a transféré défi niti vement son école normale d’insti tuteurs à Fulassi, près de Sangmélima.


Devant les eff ecti fs sans cesse croissants dans ses écoles, la MPA avait eff ecti vement décidé d’ouvrir une Ecole Normale à Elat en 1919. Cett e idée fut d’autant plus moti - vée par l’ouverture à Yaoundé d’une Ecole primaire Supérieure par le gouvernement colonial français. La MPA avait d’ailleurs commencé à y envoyer ses premiers enseignants. Des essais commencèrent par une sorte de recyclage entre 1921-1922, à élat), ensuite à Bibia (Sept-décembre 1925). C’est en Janvier 1926 qu’elle fut défi niti vement transférée à Fulassi (mélange de gens et tribus), près de Sangmelima. Cf. Mveng Evina, « L’école normale de Fulassi : sa naissance, ses objecti fs, sa vie et son rayonnement de 1925 à 1957 ». mémoire de Des-HIistoire, Université de Yaoundé, 1974. P30.. Son fondateur et premier directeur était le pasteur Canadien Camille Chazeaud . La formati on était de deux ans à l’issue desquels les élèves devaient passer les épreuves offi cielles du diplôme de moniteur indigène ( DMI ). En 1927, un an avant la fi n de leur cycle d’études, les vingt neuf élèves de la première promoti on (1926- 1928) 3 voulurent immortaliser leur passage dans cet établissement en composant un chant de ralliement à l’honneur du pays.

Il s’agit de : 1- Angounou Ntyam André, 2- Beau Ngouah David, 3- Bopelet René, 4- Bougha Bouguen Alex, 5- Efanden Bekoe,6- Etame Charles, 7- Foh Elom Joseph, 8- Handy Matoi Joseph, 9- DJam Afame René, 10- Malonga Samuel, 11- Mayadi Henri, 12- Mbida Jacob, 13- Minkio mi Bamba Samuel, 14- Missengue Adrien, 15- Monezo’o Aka’a, 16- Mpile Mpfoum Louis, 17- Ndongo Nzie Alexis, 18- Nkomo Banga Michel, 19- Nkumu Meru’u Ernest, 20- Nyate Nko’o Moïse, 21- Obam Bitom Philippe, 22- Obam Engozo’o Engelbert, 23- Pouasset Nzouango Lionel, 24- She Onana Paul, 25- Tchega Mbogol Joseph, 26- Tsaga Gigui Bikanda M, 27- Yogo Yogo Roger, 28- Ndongo Minko Laurent, 29- Tegal Ngobol Joseph.

On désigna un comité composé de un ou de deux représentants de chaque groupe ethnique faisant parti e de la promoti on ; Djam Afame René, qui était très doué en français fut chargé d’élaborer le texte. Il écrivit vingt (20) vers qui reçurent l’approbati on enthousiaste et unanime des autres membres du comité.

Quant à la musique elle fut l’oeuvre de Minkio mi Bamba et de Nyatt e Nko’o . Ensemble les membres du comité mirent la dernière touche. Dans l’exposé de moti fs du projet de loi transmis à l’Alcam, on note que c’est dans la promoti on de 1928- 1929 dont font parti e les auteurs qui sont : Douala Valentin, Ekwalla Essaka, Massouke Bouegne, Minkio bamba. Ce dernier serait l’auteur des paroles et Ekwalla Essaka, l’ auteur de la musique ; avis non partagéepar She Onana Paul député à l’Assemblée Nati onal Fédérale au cours de l’examen en commission du projet de loi portant amendement de l’hymne Nati onal en Avril 1970. Voir à cet eff et Archives de l’Assemblée Nati onale travaux de la commission des lois constitutionnelles sténotypées p.3 L’assemblée des élèves approuva tel quel le projet, le soumit au directeur de l’établissement, le Canadien Camille Chazeaud, qui n’y trouva rien à redire. Avis partagé par Mme Love, épouse d’un missionnaire, après qu’elle eût joué le chant de ralliement sur un harmonium, dont voici le texte initial

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bems

Je reste convaincu que pour mieux développer notre pays, nous, camerounais avons besoin non seulement de bien le connaître, mais aussi de mieux nous connaître nous même...

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