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La géomorphologie du Cameroun

Des portes du sahel à la grande forêt ombrophile, le Cameroun recoupe les principaux domaines morphoclimatiques tropicaux : au nord, pédiplaines parsemées d' inselbergs et dominées par des massifs aux versants concaves ; au sud, vaste surfaces de dégradation polyconvexe , entre les deux, ainsi qu'à l'ouest hauts plateaux et imposant ensembles montagneux souvent d'origine volcanique. Taillés pour l'essentiel dans les roches du socle précambrien, ces reliefs résultent d'une longue évolution inscrite l'étagement de surfaces d'aplanissement, limitées par des escarpement rocheux.
Les formes du modelé sont héritées de phases climatiques anciennes, comme en attestent les bauxites éocènes de Minim-Martape , les bowé des grassfields , ou les alvéoles des Mandara . Les témoignages des oscillations climatiques quaternaires sont particulièrement importantes : glacis étagés et cuirassés des piémonts des Mandara , de l'Adamaoua ou du plateau Bamoun , dunes fixées de l'erg de Kalfou , cirque emboîtés du pays Bamiléké, cuirasses polygéniques , graviers sous berges, complexes de glissement des environs de Yaoundé.

Dès le Paléocène, le socle semble avoir été aplani et sa diversification morphologique ultérieure tient autant aux déformations tectoniques et à sa diversité lithologique qu'à la succession des épisodes morphogénétiques. Le rôle de la lithologie apparaît très nettement dans le nord, ou la plus part des petits massifs et des inselbergs tiennent à des intrusions de granite crétacés ou tertiaires, à des structures circulaires, ou simplement à des différences pétrographique mise en valeur par l'altération, puis l'érosion différentielle. Dans le sud-ouest, quartzites et amphibolites donnent des échines dominant la plaine côtière. Dans l'est, les dolérites du précambrien restent en relief.La tectonique joue un rôle encore plus important. Autour de Méri , dans le graben de la Mbéré , des structures circulaires expliquent l'existence de dômes cristallins ; à Ebaka , de tels reliefs ont été mis en évidence. Mais ce sont surtout les mouvement à grand rayon de courbe, les gauchissement et les failles qui compartimentent le socle . Les premiers sont responsable du soulèvement de l'Adamaoua et des hautes terres de l'ouest. Des mouvements de style plus souples dépriment la gouttière du golfe de Bafia entre les barres appalachiennes qui correspondent au soulèvement de la bordure du plateau sud-camerounais, lequel se poursuit de Matomb au Ngovayang . De même, le socle est-il gondolé entre le Nyong et la Sanaga ; il s'abaisse vers la cuvette congolaise à l'est. Les reliefs s'y alignent souvent selon les directions précambriennes.
Mais le tectonique des failles est le facteur dominant. Les escarpements qui limitent les différentes surfaces correspondent souvent à des failles, comme celles qui courent de Foumban à l'Adamaoua, ou celle du gradin de Tibati et de la falaise de Ngaoundéré. Le gradin, qui limite à l'est la surface côtière, suit la flexure faillée en escalier qui commande l'enfoncement du bassin de Douala. Entre la Sanaga et le Ngovayang , ce relief intermédiaire correspond à un replat tectonique lié au relèvement du socle évoqué plus haut. Ces failles délimitent également des bassins d'effondrement : Vina, Mbéré , plaine de Mbo , de Ndop , vallée de la Mentchum . Elles expliquent aussi l'ampleur du fossé de la Bénoué au fond occupé par des grès crétacés disséqués en plateaux tabulaires à corniche ( Tinguelin )
A une autre échelle, ces fractures guident les cours d'eau comme le Mbam ou la Katsina , déterminant les particularités de leur tracé et de leurs affluents orthogonaux. Cette tectonique s'est accompagnée d'émissions volcaniques qui, de l' Eocène à l' Holocène , à la faveur de la fracturation du socle, ont recouvert une grande partie des régions soulevées, les nappant de grandes coulées ou construisant de grands édifices.

Les reliefs qui en résultent dépendent du type et de l'âge des émission ainsi que des matériaux émis. Les grands épanchements fissuraux donnent des étendues planes (Adamaoua), ou des alignement de croupes ou de collines surabaissées (Bamiléké) ; ils s'achèvent souvent par de grands abrupts comme la falaise de Bamenda. De grands appareils peuvent les dominer comme le galette rhyolitique du mont Oku . Plus au sud, les formes sont plus fraîches, les édifices volcaniques plus récents. Le Manengouba offre une caldeira interne à rempart subvertical ; le mont Cameroun strato-volcan composé d'une série de gradins étagés et dont les pentes sont encombrées de coulées de laves à blocs et de lahars , est flanqué d'une cinquantaine de cônes quaternaire . Au nord, dans les Mandara , le volcanisme est plus acide et les formes de déchaussement dominent ( necks et dykes ).
Dans ces conditions, l'âge des différentes surfaces d'aplanissement est difficile à préciser, car il s'agit souvent du même niveau dénivelé par failles, ainsi qu'on l'observe en pays Bamoun , ou, sous les basaltes de couverture, se retrouve la même surface que dans la plaine du Mbam. De plus, ces surfaces sont polygéniques : phases d'altération, puis de pédiplanation s'y sont succédé à plusieurs reprises.

Au total, la morphologie du Cameroun est extrêmement variée. Les formes du modelé des différentes régions apparaissent souvent en déséquilibre avec le climat actuel, ainsi qu'en témoignent les reprises d'érosions enregistrées en maints endroits : lavaka de Banyo , ravines de l'Adamaoua et du Nkogam , et les formes reliques comme les glacis déconnectés et disséqués du piémont Bamoun , des environ de Mora ou de Poli, les sables rouges de l'erg de Kalfou , les cuirasses perchées (2200 m) de la région de Ndu .

Vu 522 fois Dernière mise-à-jour : vendredi, 27 février 2015 09:35
yna