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Bembone Eugène

Bembone Eugène

Je reste convaincu que pour mieux développer notre pays, nous, camerounais avons besoin non seulement de bien le connaître, mais aussi de mieux nous connaître nous même...

samedi, 31 mars 2018 10:56

De l'ATCAM à L'ALCAM

En 1956, la France fit un autre pas important qui allait finalement conduire à l'indépendance de ses colonies ouest-africaines. En effet, l'Assemblée nationaLe française adopta une loi accordant l'autonomie à ces territoires.
Chaque assemblée territoriale fut transformée en assemblée législative et fut autorisée à élire un Conseil exécutif en son sein; elle devait être présidée par un gouverneur. Le membre africain de ce conseil, dont le parti remporterait la majorité des votes lors des élections devait devenir Premier Ministre.
Les assemblées législatives avaient le pouvoir d'adopter des lois sur tous les sujets d'intérêt local; la politique économique, la monnaie, la défense et les affaires étrangères étant du domaine réservé du gouvernement de la métropole à Paris.
L'année 1956 fut par conséquent remarquable pour le Cameroun français, car le 23 décembre, l'assemblée territoriale devenait l'Assemblée législative du Cameroun, ALCAM.
Les membres de la nouvelle assemblée avaient déjà formé des groupes parlementaires selon leur région d'origine. Les élections de 1957 au sein de l'ALCAM donnèrent les résultats suivants:
a) l'Union Camerounaise (UC) représentant Les Régions du centre et du nord: 30 députés. Les chefs de ce parti étaient Ahmadou Ahidjo, Arouna Njoya et Jules Ninine.
b) Les Démocrates camerounais (DC): 20 députés originaires de la région de Yaoundé. Leur chef de file était André Marie Mbida.
c) Les Paysans indépendants: 9 députés venant de la région bamiléké, sous la conduite de Mathias Njoumessi et Michel Njine.
d) L'Action nationale: 8 députés venant de la zone côtière, sous la houlette de Soppo Priso et Charles Assalé.
Il faut noter qu'à cette époque, l'UPC avait déjà été éliminée de la scène politique par l'administration française, c'est pourquoi elle n'avait pu être représentée aux élections de l'ALCAM en 1957. Aucun des partis n'ayant acquis une majorité absolue lors des élections, il fallut former un gouvernement de coalition composé des membres des trois premiers partis. André Marie Mbida fut choisi comme Premier Ministre le 15 mai 1957, Ahmadou Ahidjo étant son adjoint.
Le Gouvernement Mbida connut de sérieux problèmes. Pour commencer, Um Nyobé demanda le 13 juillet 1957 au Premier Ministre et au Haut Commissaire d'accorder une amnistie à l'UPC mais Mbida opposa une fin de non-recevoir à cette requête.
Ce refus provoqua une nouvelle vague de violence dans la Sanaga maritime. Mbida se rendit alors à Paris pour demander beaucoup plus de soldats qui servirent à combattre l'UPC. Mais même avec cette aide, il ne put réprimer la violence.
Ensuite, la rudesse et l'attitude antidémocratique de Mbida amenèrent plusieurs membres de son cabinet à démissionner. En troisième Lieu, l'ordre des priorités du Premier Ministre ne ralliait pas les suffrages. Il maintenait par exemple que le Cameroun n'était pas prêt pour l'indépendance et pire encore, ses collaborateurs et lui ne mentionnaient pas La réunification dans leur programme. Or ces deux idées étaient très populaires au sein de tous les groupes politiques et prisées par les chefs nationalistes de l'époque.
Face à tant de problèmes, Mbida démissionna et s'enfuit à Conakry en Guinée le 17 février 1958. Ahmadou Ahidjo lui succéda comme Premier Ministre le 18 février avant d'être officiellement confirmé à son poste le 19 par un vote de 45 voix pour et 16 abstentions.
Le Gouvernement reçut des renforts de la France pour combattre la guérilla qui avait intensifié ses activités. Bon nombre de résistants furent tués, d'autres se réfugièrent dans La forêt ou se rendirent tout simplement. Leur chef Um Nyobé fut tué près de Boumnyebel, son village natal, en septembre 1958.
Les perturbations politiques avaient montre qu'aucun gouvernement ne pouvait survivre à l'époque sans combiner la force aux négociations pacifiques. C'est exactement ce que fit Ahidjo en usant de force tout en lançant des appels aux rebelles pour qu'ils reviennent à la légalité. Bon nombre y répondirent favorablement, y compris Mayi Matip, proche collaborateur de Um Nyobé.
Lorsqu'Ahidjo prit le pouvoir après André Marie Mbida, il présenta son programme dont la plupart des priorités étaient celles de l'UPC. Il s'agissait ainsi surtout: d'obtenir l'autonomie interne du Cameroun, d'établir un calendrier en vue de l'indépendance, d'aboutir à la réconciliation nationale et de coopérer avec la France sur une base de réciprocité.
Ahidjo entreprit donc de discuter avec Le Gouvernement français de la possibilité pour le Cameroun de devenir indépendant. Le 28 octobre 1958, la France proposait à la Quatrième Ccmmission de l'Assemblée générale des Nations Unies de mettre fin à la tutelle et d'accorder l'indépendance au Cameroun.
Le Dr Félix Moumié de l'UPC, qui était arrivé à New York s'opposa à l'octroi de l'indépendance en faisant valoir que Le Gouvernement qui la réclamait n'était pas légitime, que La réunification désirée par le peuple n'était pas garantie, qu'Ahidjo était le laquais de la France et que les Camerounais étaient toujours en grande partie privés de leurs libertés individuelles.
Une mission des Nations Unies fut envoyée au Cameroun pour vérifier les déclarations de Moumié; le rapport qu'elle soumit à son retour les réfutait.
Le 21 février 1959 donc, Ahidjo se rendit à New York à la tête d'une délégation de son gouvernement, pour discuter de l'indépendance du Cameroun aux Nations Unies. D'autres pétitions furent présentées contre Ahidjo, mais en vain car il fut décidé que le Cameroun français deviendrait indépendant le 1er janvier 1960. Les quelques jours qui précédèrent le jour de l'indépendance et ceux qui suivirent sont de triste mémoire pour bon nombre de Camerounais.
Il convient de rappeler qu'après la mort de Um Nyobé le 3 septembre 1958, la direction de l'UPC revint à trois personnes: Félix Moumié, Abel Kingué et Ernest Ouandié, tous originaires de l'ouest du pays. Le 29 décembre 1959, ces trois dirigeants publiaient depuis Conakry, leur Lieu d'exil, une lettre dans laquelle ils condamnaient énergiquement l'indépendance octroyée au Cameroun et le 30 du même mois, les membres de l'UPC envahissaient Les quartiers de Douala, Yaoundé et d'autres villes importantes de l'ouest et du sud du pays. La nuit qui précédait le jour de l'indépendance, les rebelles frappèrent plusieurs fois à la brigade de gendarmerie de Kékem. Beaucoup d'autres incidents eurent Lieu dans d'autres régions mais ne changèrent rien à la situation. Le 1er janvier 1960, jour de l'indépendance, fut marqué par des événements heureux et tristes. Pendant que bon nombre fêtaient l'indépendance, d'autres pleuraient à la suite des incendies, des meurtres et de la mort causés par les membres de l'UPC.
Des incidents sporadiques continuèrent après l'indépendance jusqu'au début des années 70 lorsque la tension refit surface. C'était après l'arrestation de Ernest Ouandié, chef de l'aile radicale de l'UPC. Il était rentré d'exil et dirigeait les activités de guérilla dans le pays.
Son arrestation permit de découvrir qu'il avait des relations avec Monseigneur Albert Ndongmo, évêque de Nkongsamba. Ouandié fut donc arrêté près de Mbanga en aout 1970. Ses collaborateurs et lui furent jugés deux fois.
Lors du premier procès qui commença le 26 décembre 1970 et dont les chefs d'accusation étaient "rébellion et massacres", Ouandié et ses deux collaborateurs, Mathieu Njassep (son secrétaire particulier) et Raphael Fotsing, furent condamnés à mort alors que l'évêque était condamné à perpétuité. Treize autres accusés furent emprisonnés et beaucoup d'autres acquittés.
Lors du second procès qui avait pour chefs d'accusation "tentative de renversement" du président d'alors, Ahmadou Ahidjo, l'évêque et deux autres accusés, Gabriel Tabeu et Célestin Takala, furent condamnés à mort.
Ces peines furent immédiatement suivies d'appels à la clémence en faveur des six personnes condamnées; ces appels venaient du Vatican, de l'archevêque de Paris, Cardinal Marty, de la Commission internationale des Juristes, d'Amnistie International, du Secrétaire général de l'ONU, U Thant et d'autres cercles compatissants.
Ahidjo usa des pouvoirs que lui conférait La Constitution pour commuer les peines de mort de Monseigneur Albert Ndongmo et de deux autres en emprisonnement à vie alors que Ernest Ouandié, Njassep et Fotsing partaient de Yaoundé le 15 juin 1971 pour Bafoussam, leur ville d'origine, ou ils furent exécutés à 10 heures.
samedi, 31 mars 2018 10:50

Le Cameroun français (1946-1960)

La Constitution française de 1946 définissait la situation de chaque territoire vis-à-vis de la France. Elle avait consacre l'Union française composée de la France métropolitaine (c'est-a-dire la République française), les États associés et
les territoires associés. Aux termes de cette constitution, le Cameroun devint un territoire associé de l'Union française.
L'un des principaux objectifs de cette constitution était de rapprocher beaucoup plus les habitants des possessions outre-merde la métropole et de renforcer la philosophie française de l'assimilation. En d'autres termes, toute possibilité d'autodétermination ou d'indépendance était exclue pour le Cameroun. Au sein de l'Assemblée nationaLe française, les députés des possessions d'outre-mer représentaient leurs propres territoires. Ainsi, le Cameroun était représenté par Douala Manga Bell et André Marie Mbida, Soppo Priso et Ahmadou Ahidjo étant conseillers de l'Union française, Arouna Njoya et Charles Okala, sénateurs.
La création d'assemblées locales dans les territoires d'outre-mer par La Constitution française de 1946 fut un événement important. Par conséquent, au Cameroun, le décret du 25 octobre 1946 créa l'ARCAM (Assemblée Représentative du Cameroun) qui comprenait des citoyens camerounais et français. En 1952 par exemple, sur 40 délégués, 24 étaient Camerounais et 16 Français. Parmi les 24 Camerounais, les plus en vue étaient Abéga Martin, Ahmadou Ahidjo, Charles Okala et Soppo Priso.
Ces réformes paraissaient être importantes, mais en réalité elles ne signifiaient rien. En fait les administrateurs n'avaient pas fait de réforme du tout. Pour Charles De Gaulle, l'autorité politique revenait à la France comme le montraient les mesures prises par les administrateurs français dans le pays. En 1958, il déclara qu'il était impensable qu'un territoire d'outre-mer envisage l'indépendance hors de l'Union française. La Guinée s'opposa a cette idée et se déclara indépendante en 1958. Elle rompit toutes relations diplomatiques avec la France jusqu'en 1976, date de leur rétablissement.
Au cours de cette période, le Cameroun connut très peu de changement sur le plan politique en dehors d'une légère augmentation du nombre de représentants a l'Assemblée nationaLe française (de 3 a 4 en 1952) et à l'Assemblée représentative locale, l'ARCAM (de 40 à 50). Parmi ces 50 représentants, il y avait 18 Français et 32 Camerounais.
De 1946 a 1952, l'assemblée locale était appelée ARCAM mais à partir de 1952, elle avait pris le nom de ATCAM (Assemblée territoriale du Cameroun).
Cette assemblée était compétente en matière de travaux publics, de concessions, de bourses, d'infrastructures, de gestion des biens, de problèmes d'urbanisation, d'impôts, etc. Bref, elle avait des prérogatives dans les domaines administratif et financier, mais aucun pouvoir législatif ou droit de prendre des décisions politiques.
C'est au Haut Commissaire français qu'il appartenait de donner des instructions sur les problèmes à soumettre a l'assemblée dont il pouvait d'ailleurs annuler les décisions. Etant donné que c'est lui qui jugeait si les décisions étaient légales, il était le détenteur du pouvoir politique dans le pays.
Au sein de l'assemblée locale, les Camerounais étaient divisés en deux groupes. D'un côté, il y avait les "évolués" qui comprenaient surtout des chefs, des notables et des syndicalistes qui, bien que pas totalement satisfaits de l'évolution politique dans le cadre de l'assimilation prônée par Les Français, voulaient y adhérer pour le moment et demander des réformes plus tard, le pays ne pouvant demeurer statique. Ils étaient en faveur d'une marche progressive vers l'indépendance, au sein de l'Union française.
De l'autre côté, il y avait les "nationalistes radicaux" qui rejetaient totalement ce cadre politique a tel point qu'ils étaient déterminés à amener la France à changer de politique pour permettre une évolution politique vers l'autodétermination et l'indépendance. Ils avaient pour chefs de file Um Nyobé, Félix Moumié et Ernest Ouandié. Leurs revendications étaient l'indépendance immédiate du Cameroun et La réunification des deux parties du pays.
Pour Les Français, les nationalistes radicaux étaient subversifs parce qu'ils demandaient l'autodétermination immédiate et véritable. Ceux-ci se réunirent sous la direction de Um Nyobé et formèrent le 10 avril 1948 l'Union des Populations du Cameroun (UPC) qui se fixa trois buts:
1 - la suppression des "frontières artificielles" établies en 1916 entre les deux Cameroun;
2 - la fin de la politique d'assimilation pratiquée par la France;
3 - la fixation d'un délai pour la fin de la tutelle, après quoi le Cameroun pourrait devenir indépendant. Ce programme suffisait pour brouiller l'UPC avec Le Gouvernement français et ce fut effectivement le cas.
samedi, 31 mars 2018 10:48

Les émeutes de 1955

L'UPC, en dehors des masses qui se ralliaient à elle, avait à peine remporté un quelconque succès politique lorsque les administrateurs français commencèrent à saboter ses activités. L'administration prêta main forte à des groupes
anti-UPC tels que le "Rassemblement du Peuple Camerounais" et fit plusieurs fois appel à la police et aux groupes anti-UPC pour interrompre les réunions de ce mouvement. De son côté, l'UPC intensifia sa résistance face à l'intimidation et la répression qui ne cessaient d'augmenter, surtout après l'arrivée de Roland Pré, le nouvel administrateur français qui était perçu comme impitoyable et opposé à l'UPC.
Entre le 22 et le 30 mai 1955, le Cameroun fut ébranlé par une série d'émeutes violentes qui amenèrent l'UPC et l'administration à s'affronter directement et provoquèrent la mort d'un nombre élevé de personnes, sans oublier de nombreux blessés.
En juillet 1955, l'UPC fut interdite par Le Gouvernement français, à la demande de Roland Pré et se trouva ainsi dans l'incapacité de participer à l'évolution politique du pays.

La Première Guerre mondiale éclate, les forces alliées, presque deux fois plus nombreuses que les effectifs allemands, encerclent le Cameroun et progressent sur plusieurs fronts : au nord, au sud, à l'est et sur la côte. Les allemands

abandonnent les grandes villes, mais résistent dans les postes fortifiés. Maroua, capitule, dès le 14 septembre, et Douala le 28. L'année suivante, en 1915, Garoua, Ngaoundéré et Foumban tombent à leur tour. Le 19 janvier 1916, les alliers se rejoignent à Yaoundé Les Allemands se replient en Guinée Espagnole. Le capitaine Von Raben, assiégé à Mora, résiste ; il ne capitule que le 20 février 1916. C'est le dernier épisode de la campagne du Cameroun. Les conséquences

Les vainqueurs de la campagne du Cameroun se partagèrent le pays le 6 mars 1916. L'Angleterre prit une bande de 85.000 Km². La France s'empara de la plus grande partie du pays. Elle rattacha à ses colonies de l'Afrique Equatoriale les territoires qu'elle avait cédé à l'Allemagne en 1911. La conférence de la paix de Versailles en 1919 fit du Cameroun une possession de la Société des Nations. Celle ci entérina le partage en confiant l'administration du Cameroun à la France et à l'Angleterre. C'est le mandat. Ces puissances devaient conduire le pays à l'indépendance.

Avec la création de l’Organisation des Nations Unies (ONU) en 1945, les deux territoires sous mandat passent sous contrôle du Conseil de Tutelle qui doit assurer leur marche vers l’indépendance.
En 1957, en vertu de la loi cadre Gaston Defferre du 23 juin 1956, un décret français (du 16 avril 1957) accorde l’autonomie au Cameroun sous tutelle française. Il passe alors du statut de territoire sous tutelle à celui d’Etat sous tutelle. La citoyenneté camerounaise est désormais reconnue. André Marie MBIDA est nommé premier ministre par le Haut Commissaire Pierre MESSMER qui joue le rôle de Chef de l’Etat. André Marie MBIDA est investi par l’Assemblée législative du Cameroun le 10 mai 1957. Ce jour devient jour de fête nationale. L’ALCAM choisit le drapeau du Cameroun «Vert-Rouge-Jaune», l’hymne national «O Cameroun berceau de nos ancêtres» et la devise du pays «Paix-Travail-Patrie».
André Marie MBIDA démissionne le 13 janvier 1958 à la suite d’un conflit entre lui et le nouveau Haut Commissaire Jean RAMADIER qui remplace MESSMER en janvier 1958. Il est remplacé le 18 février 1958 par Ahmadou AHIDJO, alors vice-premier ministre chargé de l’intérieur.
L’ALCAM opte pour la complète autonomie interne qui sera accordé au Cameroun le 1er janvier 1959 par la France.
Le Cameroun accède à l’indépendance conquise de haute lutte sous la nom de République du Cameroun. Il est également admis à l’ONU
Le Cameroun sous tutelle britannique, doté en 1954 d’une Assemblée Législative, mais partie intégrante sur le plan administratif de la République du Nigéria, s’était prononcé le 7 novembre 1959 pour un maintien de la tutelle. Une seconde consultation, décidée par l’ONU, a lieu le 11 janvier 1961.
La partie sud du territoire (sous administration britannique), dirigée par le Premier Ministre John Ngu FONCHA, par voie de référendum se prononce à une écrasante majorité pour une indépendance et son rattachement à la République du Cameroun.
La partie Nord (sous tutelle britannique), se prononça pour son rattachement au Nigeria. Le 1er juin 1961, le Cameroun septentrional (britannique) est rattaché au Nigeria.
Le 1er octobre 1961, la partie méridionale du Cameroun sous tutelle britannique (Cameroun occidental) et la République du Cameroun sont unies sous le nom de République fédérale du Cameroun.
Le 20 mai 1972 met fin aux structures fédérales et voit naître la République Unie du Cameroun. La constitution de 1972 maintient le régime présidentiel. Les deux Etats fédérés disparaissent pour faire place à un seul Etat. Les quatre assemblées se réduisent à une seule : L’Assemblée Nationale.

samedi, 31 mars 2018 07:07

Le Cameroun sous mandat (1922-1946)

Après l'expulsion des Allemands, le Cameroun fut divisé entre la France et la Grande Bretagne le 4 mars 1916. Cette division fut confirmée plus tard en 1919 par les quatre puissances alliées - Grande Bretagne, France, Italie et États-Unis - à travers le traité de Versailles.

Le 20 juillet 1922,  le Cameroun devient un territoire sous mandat de la Société Des Nations (SDN), mandat que la SDN (ancêtre de l’ONU) confia conjointement à la France et la Grande Bretagne, conformément à l’article 119 du Traité de Versailles qui stipulait clairement que « l’Allemagne renonce en faveur des principales puissances alliées et associées, à tous ses droits et titres sur ses possessions d’outre-mer ».
C’est donc officiellement le début des Mandats britannique et Français sur le Cameroun. Ces deux pays faisant partie des puissances alliées ayant vaincu l’Allemagne au Cameroun pendant la première guerre mondiale, c’est la raison pour laquelle l’administration de cet ancien protectorat allemand (qu’était le Kamerun jusque là) leur soit confiée.
Ainsi, « la SDN avait divisé le Cameroun en deux zones dans un but bien précis : il revenait à ces deux puissances occidentales de préparer les Camerounais à l’autonomie
Le Cameroun accédait ainsi au statut de « mandat de classe B ». Ceci supposait donc que la France et la Grande Bretagne avait pour responsabilité entre autres, d’assurer : « l’administration du territoire à des conditions qui, avec la prohibition d’abus, tels que la traite des esclaves, le trafic des armes et celui de l’alcool garantiront la liberté de conscience et de religion, sans autres limitations que celles que peut imposer le maintien de l’ordre public et des bonnes moeurs, et l’interdiction d’établir des fortifications ou des bases militaires ou navales et de donner aux indigènes une instruction militaire, si ce n’est pour la police ou la défense du territoire et qui assureront également aux autres Membres de la Société des conditions d’égalité pour les échanges et le commerce ».
C’est donc selon l’historien camerounais Enoh Meyomesse, le début du deuxième statut officiel que connaitra le Cameroun (après celui de Protectorat allemand que lui avait conféré le Traité Germano-Douala signé 38 ans plus tôt).
Un statut qui prendra fin avec la dissolution de la SDN en 1946

Dans la Cameroun britannique, les grandes plantations fournissaient la majeur partie des ressources du territoire. En 1938, elles employaient 25113 travailleurs. Les ports de Tiko et victoria ( Limbé ) qui servaient à l'exportation des
produits agricoles furent agrandis. L'administration française reprit la production de l'huile de palme, du cacao, du café, de La banane, du caoutchouc et du tabac dans les grandes plantations abandonnées par les allemands. La création des plantations individuelles fut encouragée. La culture du cacaoyer était pratiquée dans la région côtière et au centre, celle du café à l'ouest et au sud-est, celle de La banane sur la côte et celle du palmier à huile dans toute la région forestière. Des huileries furent créées à Edéa et à Dibombari et une savonnerie à Otélé .

L'exploitation des forêts se développa. Les bois précieux étaient exportés ou transformés dans les scieries d' Eséka et de Mukonje .
Le service des mines découvrit et commença d'exploiter le rutile, le titane, le mica, le granite et l'or.
Le port de Douala fut agrandi. La longueur des quais passa de 110 m en 1914 à 564 m en 1931. Les magasins couvraient une surface de 3.500 m².
La construction du chemin de fer du centre fut reprise en 1922. La ligne Eséka - Yaoundé avec un embranchement Otélé-Mbalmayo fut ouverte en 1927.

Le réseau routier se développa considérablement. Il passa de 600 km en 1914 à 6.300 km en 1939 de routes carrossables. On pouvait aller de Douala à l'extrême nord en voiture.
Les transports aériens furent organisés. Une station météorologique principale fonctionnait à Douala et deux stations secondaires à Batouri et Garoua. En 1939, les gros avions long courriers atterrissaient à Douala, Yaoundé et Garoua. Des aérodromes secondaires existaient à Tibati , Ngaoundéré , Guider, Maroua .

L'oeuvre scolaire et médicale de la France et de l'Angleterre

Dans le Cameroun britannique, l'éducation réalisa le plus de progrès dans la province du Sud. Des écoles furent ouvertes à Victaria ( Limbé ), Kumba , Manfé et Bamenda.
Dans le Cameroun sous mandat français, des centaines d'écoles primaires régionales et rurales furent crées. En 1939 on comptait 127.000 élèves. Des écoles de formation professionnelle furent ouvertes : les plus connues sont l'école primaire supérieure de Yaoundé et l'école des aides de santé d' Ayos

L'ouvre sanitaire fut marqué par la création d'un service d'hygiène à Douala, des hôpitaux dans chaque région et des dispensaires dans les villages importants. Des équipes sanitaires parcouraient tout le pays pour vacciner, dépister et soigner Le Paludisme, la variole, les maladies vénériennes et La maladie du sommeil. Le Docteur Jamot s'illustra dans la lutte contre La maladie du sommeil. A son arrivée, au Cameroun, en 1922, 22% de La population était atteinte de La maladie du sommeil dans les zones contaminées. A son départ en 1926, 1,8% de personnes seulement étaient contaminées.

Le Cameroun sous tutelle (1945-1960)
Après la deuxième guerre mondiale, l'organisation des Nations Unies succéda à la défunte Société des Nations.(S.D.N) . Le Cameroun devint un pays sous tutelle de l'ONU. La nouvelle organisation internationale confia l'administration du Cameroun à la France et à la grande Bretagne qui devaient conduire le pays à l'indépendance.

Le développement économique
La production agricole augmenta considérablement. Les grandes plantations ont continuer à se développer. Les plantations des fermiers allemands, à nouveau expropriés pendant la deuxième guerre mondiale, ont été regroupées et ont formé la Cameroon Development Corporation. (CDC) dans toutes Les Régions on trouvait des plantations individuelles.
L'introduction des cultures d'exportation à monétarisé L'économie. Elle a sorti progressivement le pays de l'autosubsistance au profit d'une économie fondée sur la division du travail et les échanges.
L'essor de la production agricole après la guerre était très remarquable. L'évacuation des produits agricoles posa de nombreux problèmes. L'administration dota le pays de nombreux équipement modernes. La longueur des routes dans les deux provinces passa de 6.300 km en 1939 à 13.650 Km en 1960 dont 1.600 Km de routes goudronnées reliant Douala- Edéa, Douala - Bafoussam, Mbalmayo - Sangmelima , Yaoundé - Obala . Un pon de 2 Km fut construit sur le Wouri . Il reliait la ligne de chemin de fer du centre et celle du nord. Des aérodromes furent aménagés à Douala, Yaoundé, Garoua, Ngaoundéré , Maroua , Tiko et Bamenda.

Les revenues tirés de L'agriculture et la présence d'un salariat assez important à Yaoundé et à Douala offrait désormais des débouchés à de petites usines de transformation. De nombreuses usines de transformation furent créées.

Un barrage hydroélectrique fut construit à Edéa pour approvisionner en énergie ces petites unités industrielles et la ville de Douala. Une importante fonderie d'aluminium fut créée à Edéa près de la centrale hydroélectrique.
Le cacao était transformé à Douala, le latex à Dizangué , les noix de palme et l'arachide à Douala-Bassa , Bonaberie et Pitoa , le tabac à Yaoundé, Le bois dans les scieries de Douala et d' ' Eséka . Les brasseries du Cameroun étaient implantés à Douala. Des usines d'égrainage du coton furent créées respectivement dans les zones de production à Pitoa , Yagoua . Des usines de constructions mécaniques furent ouvertes à Douala.

L'évolution politique et sociale
Les grands débats politiques qui ont abouti à la libération du pays ont eu Lieu à l' ARCAM devenu plus tard l' ALCAM.
Au lendemain de 2 e guerre mondiale, le Cameroun sous tutelLe française fut inclus dans l'union française créées par La Constitution de 1946. l'union française qui succède à l'empire français est formée d'une part de la République française comprenant la France Métropolitaine, les départements et territoires d'Outre - Mer et d'autre part des territoires et Etats associés.

L'Assemblée Représentative du Cameroun (ARCAM) fut créée le 25 octobre 1946. Cette assemblée n' a qu'un pouvoir consultatif. Néanmoins Les élections à l' ARCAM et ses débats vont donner un grand essor à la vie politique. De nombreux syndicats et de parties politiques se créent. : Section camerounaise de la Section Française de l'Internationale Ouvrière. (SFIO) ; l'Union des Syndicat Confédérés du Cameroun, Jeunesse Camerounaise Française (JEUCAFRA), l'Union des Population du Cameroun (UPC), le Bloc Démocratique Camerounais (BDC), le Front Populaire de l'Unité et de la Paix, le Groupe Progressiste du Cameroun, l'Union Camerounaise (UC).

En 1956, le Cameroun prend un tournant décisif dans son évolution politique avec la loi - cadre proposée par Gaston Defferre, Ministre de la France d'Outre-mer, et votée par la parlement français. Cette loi autorise Le Gouvernement français à prendre une série de réformes destinées à associer les populations des territoires et des colonies à la gestion de leurs propres affaires. C'est ainsi que furent créés les Assemblées territoriales et les conseils de gouvernement. L' ARCAM devint l'Assemblée Territoriale du Cameroun après Les élections de 1956. Une année plus tard, elle devint l'Assemblée Législative du Cameroun (ALCAM).

Le 15 mai 1957, André-Marie Mbida , investi Premier Ministre, fut chargé de constituer le premier gouvernement camerounais. A la suite d'une crise ministérielle, André-Marie Mbida démissionna. Ahmadou Ahidjo lui succéda. Il conduisit le pays à l'indépendance.

Au Cameroun sous tutelle britannique, les représentant du Sud- Cameroun siégèrent à l'assemblée du Nigeria de l'Est, de la fin de la guerre jusqu'en1954. A la conférence constitutionnelle sur le Nigeria en 1954, les représentants du Sud- Cameroun demandèrent l'autonomie de leur région.
La Constitution issue de cette conférence créait une province autonome du Su- Cameroun avec une assemblée représentative et un conseil exécutif.

En 1958, la nouvelle constitution du Nigeria donnait au Sud- Cameroun une autonomie complète. Le Sud- Cameroun constitua son premier gouvernement ministériel en mai 1958 avec le Docteur Endeley pour Premier Ministre. A la suite des élection de 1959, John Ngu Foncha lui succéda.

Le Nord- Cameroun était administré comme partie intégrante du Nigeria du Nord. Gouverné par le système de l'indirect rule , il était dominé par les chefs traditionnels du Nigeria du Nord.

L'Enseignement primaire se répandit dans les campagnes grâce à la multiplication des écoles rurales. Les lycées, les collèges, et les écoles de formation professionnelle ouverts donnait la possibilité aux élèves sortis de l'école primaire de poursuivre leurs études. Les meilleurs élèves des lycées obtenaient des bourses pour aller poursuivre leurs études en France et en Grande Bretagne.

Le lycée Leclerc, l'un des tout premier établissement d'Enseignement secondaire, à formé de nombreux cadres que l'on trouve à présent dans tous les secteurs de L'économie et de l'administration.

L'équipement des services sanitaire se poursuivit. De nouveaux hôpitaux et dispensaires furent construits. Le personnel sanitaire formé augmenta en nombre.

samedi, 31 mars 2018 06:50

L'arrivée des Premiers missionnaires

Les tout premiers évangélisateurs à débarquer et à s'installer au Cameroun ont été Les missionnaires protestants. Il s'agit du missionnaire baptiste noir, le Jamaïcain Joseph Merrick, arrivé à la fin de l'année 1843, qui a fondé la
Mission camerounaise de Bell à Douala. En 1844, il fonda une autre mission à Bimbia, traduisit la bible en isubu (langue de Bimbia), créa une imprimerie et fabriqua une machine à faire des briques avec les matériaux locaux. Merrick a été l'un des premiers non-africains à gravir le Mont Cameroun. Il mourut en cours de route en 1849 alors qu'il se rendait en congé en Angleterre.

Un deuxième missionnaire protestant arriva au Cameroun en la personne de Alfred Saker. Celui-ci créa une mission sur la côte camerounaise en 1845 et effectua les premiers baptêmes en 1849. Saker a passé dans le pays trente un ans au cours desquels il a accompli une tâche immense. Il a propagé la bonne nouvelle et créé de nombreuses écoles. Après avoir étudié la langue Douala, il traduisit la bible et la publia grâce à l'imprimerie créée par Joseph Merrick. Saker fonda deux autres missions à Deido et Bonabéri. Le 5 juin 1858, il créa la ville de Victoria, aujourd'hui appelée Limbé. En 1876, il regagna définitivement l'Angleterre ou il mourut quatre ans plus tard.
En 1890, les premiers missionnaires catholiques commencèrent à arriver au Cameroun. Les pères Pallotin, Vieter et Walter, créèrent la mission de Marienberg près d'Edea, à l'embouchure de la Sanaga. Au début de la Première Guerre mondiale, les activités de la mission catholique avaient pris un tournant décisif. En 1922, le premier évêque catholique, Monseigneur François Xavier Vogt, était nommé dans le pays et en 1935, les premiers prêtres locaux étaient ordonnés.
Source: Géographie Moderne de la République du Cameroun

samedi, 31 mars 2018 06:41

L'arrivée d'autres européens

Ce n'est qu'au 19e siècle alors que la présence portugaise en Afrique de l'Ouest s'était déjà considérablement réduite que les autres puissances européennes ont commencé à arriver dans la région. Après les Portugais vinrent donc les
Hollandais, les Britanniques et Les Français. Bon nombre d'entre eux avaient établi des comptoirs commerciaux sur la côte ouest-africaine dès le 16c siècle. Le commerce d'êtres humains qui devaient devenir des esclaves dans les plantations du nouveau monde était devenu très lucratif pour tous les pays européens. En dehors des esclaves, l'Afrique de l'Ouest fournissait de l'ivoire, des peaux, de l'or et des produits du palmier. Mais depuis 1517, le principal objet d'exportation le long de la côte demeurait les esclaves et toutes les nations européennes ont entièrement pris part à cc commerce. En échange des esclaves, les indigènes recevaient de la poudre à canon, des armes, du tabac, de l'alcool, des perles, de la soie et des objets tissés. En 1850, beaucoup d'autres commerçants européens se trouvaient déjà sur la côte camerounaise, particulièrement à Douala. La rivalité entre les Britanniques et les Allemands était très importante dans la région.

Les chefs locaux, Douala et Bimbia, instaIIés sur la côte, se battaient entre eux; ils ont par conséquent demandé aux puissances européennes de défendre leur territoire. Certains se sont adressés aux Britanniques qui ont rejeté cette idée parce qu'ils n'étaient plus intéressés par l'expansion coloniale en Afrique de l'Ouest.
Cependant, les commerçants britanniques de la côte avaient besoin de la protection de la Grande Bretagne contre les commerçants français qui s'installaient et qui allaient constituer un grand danger pour leurs activités. Ce sont eux qui ont probablement poussé les rois locaux, Akwa et Bell, à adresser des lettres à la reine Victoria d'Angleterre. Conscient donc des activités des Français et des AIIemands sur la cote, Le Gouvernement britannique envoya son Consul à Calabar, Hewett, en 1884 pour signer des traités d'annexion avec les chefs locaux.
Hewett différa son voyage et n'arriva au Cameroun que le 19 juillet 1884 alors que le Consul aIIemand, Nachtigal, était déjà sur place et avait hissé le Drapeau allemand sur le territoire le 14 juillet 1884. Cela signifiait que Le Gouvernement allemand ratifiait l'accord signé le 12 juillet 1884 entre les chefs locaux et les hommes d'affaires allemands.

Tel que libellé, cet accord ne pouvait concerner le reste du pays; le territoire dont il était question correspondait à la partie occupée par les Douala. Il ne suffisait pas de signer ces traités sans délimiter effectivement les territoires occupés par chaque puissance colonisatrice. C'est la Conférence de Berlin, organisée par Von Bismarck et qui s'est tenue du 15 novembre 1884 au 25 février 1885 qui fixa les conditions dans lesquelles les nations qui se disputaient des territoires en Afrique pouvaient acquérir des possessions sur le continent.
Parmi les résolutions importantes prises au cours de cette conférence figuraient celles-ci:
1 - Il fallait posséder des terres sur la côte avant de gagner l'arrière-pays.
2 - Des traités devaient être signés entre puissances pour fixer les limites des territoires déjà acquis.
3 - Les explorateurs devaient partir de la côte vers l'intérieur. Après avoir rencontré d'autres explorateurs, ils devaient cesser d'acquérir de nouvelles terres et procéder à la délimitation.
Il importe de noter qu'en ce moment-là, Les Français se trouvaient déjà dans le bassin du Congo et Les Anglais au Nigéria; les Allemands devaient donc faire part de leur présence au Cameroun à ces deux puissances et fixer les limites avec eux.
Les frontières du Cameroun furent donc définies entre 1885 et 1908, des ajustements ayant eu Lieu plus tard. Ainsi, au cours de cette période, les Allemands signèrent avec les Britanniques et Les Français, des accords délimitant les possessions territoriales de chaque puissance.

samedi, 31 mars 2018 06:39

L'accord Germano-Douala

"Nous soussignés, rois et chefs du territoire nommé Cameroun, situé le long du fleuve Cameroun, entre les fleuves Bimbia au nord et KwAkwa au sud, et jusqu'au 4°10' degré de longitude nord, avons aujourd'hui, au cours d'une
assemblée tenue en la factorerie allemande sur le rivage du roi Akwa, volontairement décidé que:
Nous abandonnons totalement aujourd'hui nos droits concernant la souveraineté, la législation et l'administration de notre territoire à MM. Edouard Schmidt, agissant pour le compte de la firme C. Woermann, et Johannes Voss, agissant pour le compte de la firme Jantzen et Thormahlen, tous deux à Hambourg, et commerçant depuis des années dans ces fleuves.

Nous avons transféré nos droits de souveraineté, de législation et d'administration de notre territoire aux firmes sus-mentionnées avec les réserves suivantes:
1 - Le territoire ne peut être cédé à une tierce personne.
2 - To
us les traités d'amitié et de commerce qui ont été conclus avec d'autres Gouvernements étrangers doivent rester pleinement valables.
3 - Les terrains cultivés par nous, et les emplacements sur lesquels se trouvent des villages, doivent rester la propriété des possesseurs actuels et de leurs descendants.
4 - Les péages doivent être payés annuellement, comme par le passe, aux rois et aux chefs.
5 - Pendant les premiers temps de l'établissement d'une administration ici, nos coutumes locales et nos usages doivent être respectés.

Cameroun, le 12 juillet 1884

Sig. roi Alrwa
Sig. Ed. Woermann

Témoins:
Sig. O. Busch, Big Jim Akrwa, Endene Akrwa, William Akwa, Ed. Schmidt, Jim Joss, Coffee Angwa, Matt Joss, John Angwa, David Joss, Manga Ak'wa, Jacco Esqre, Scott Jost, London Bell, Lorten Akrwa, Barrow Peter, Ned Akwa, Elame Joss, David Meatoffi, Lookingglas Bell. Joh. Voss, King Bell,Joé Garner Ak'Wa,