×

Avertissement

Échec du chargement du fichier XML

Bembone Eugène

Bembone Eugène

Je reste convaincu que pour mieux développer notre pays, nous, camerounais avons besoin non seulement de bien le connaître, mais aussi de mieux nous connaître nous même...

  • Premier Ministre, Chef du Gouvernement
Joseph Dion Ngute

Ministres d'État

  • Ministre d’Etat, Ministre du tourisme et des loisirs
 Bello Bouba Maïgari
  • Ministre d’Etat, Ministre de la justice, garde des sceaux
 Laurent Esso
  • Ministre d’Etat, Ministre de l’Enseignement supérieur
 Jacques Fame Ndongo
  • Ministre d’Etat, Secrétaire Général de la Présidence
 Ferdinand Ngoh Ngoh
  • Ministre Secrétaire général-adjoint
 Elung Paul Che
  • Ministre Secrétaire général-adjoint
 Mohamadou Moustapha

Cabinet civil

  • Directeur
 Samuel Mvondo Ayolo
  • Directeur-adjoint
 Oswald Baboké

Ministres

  • Ministre de l’administration territoriale
Paul Atanga Nji.
  • Ministre des affaires sociales
Kendeck Pauline Irène née Nguéné.
  • Ministre de l’agriculture et du développement rural
Gabriel Mbairobé.
  • Ministre des arts et de la culture
Bidoung Kpwatt Ismaël.
  • Ministre du commerce
Mbarga Atangana Luc Magloire.
  • Ministre de la communication
René Emmanuel Sadi.
  • Ministre de la Décentralisation et du Développement local
Georges Elanga Obam
  • Ministre des domes du cadastre et des affaires foncières
Henri Eyebé Ayissi.
  • Ministre de l’eau et de l’énergie
Gaston Elondou Essomba.
  • Ministre de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire
Alamine Ousmane Mey.
  • Ministre de l’éducation de base
Laurent Serge Etoundi Ngoa.
  • Ministre de l’élevage, des pêches et des industries animales
Dr Taiga.
  • Ministre de l’emploi et de la formation professionnelle
Issa Tchiroma Bakary.
  • Ministre des enseignements secondaires
Pauline Egbe Nalova Lyonga.
  • Ministre de l’environnement, de la protection de la nature et du développement durable
Helé Pierre.
  • Ministre des finances
Louis Paul Motaze.
  • Ministre de la fonction publique et de la réforme administrative
Joseph Anderson LE.
  • Ministre des forêts et de la faune
Jules Doret Ndongo.
  • Ministre de l’habitat et du développement urbain
Célestine Ketcha Courtès.
  • Ministre de la jeunesse et de l’éducation civique
Mounouna Foutsou.
  • Ministre des mines, de l’industrie et du développement technologique
Gabriel Dodo Ndonké
  • Ministre des petites et moyennes entreprises, de l’économie sociale et de l’artisanat
Achille Bassilikin III.
  • Ministre des postes et télécommunications
Minette Libong Li Likeng.
  • Ministre de la promotion de la femme et de la famille
Abena Ondoa née Obama Marie-Thérèse.
  • Ministre de la recherche scientifique et de l’innovation
Tchuinte Madeleine.
  • Ministre des relations extérieures
Lejeune Mbella Mbella.
  • Ministre de la santé publique
Manaouda Malachie
  • Ministre des sports et de l’éducation physique
Narcisse Mouelle Kombi
  • Ministre des transports
Ngallé Bibehe Jean Ernest Masséna.
  • Ministre du travail et de la sécurité sociale
Owona Grégoire.
  • Ministre des travaux publics
Nganou Djoumessi

Ministres délégués

  • A la Présidence
  • Chargé de le Défense
Joseph Beti Assomo
  • Chargé des Ralations avec les Assemblées
Francois Wakata Bolvine
  • Chargé du Contrôle Supérieur de l'Etat
Mbah Acha Fomundang Rose Gwari.
  • Chargé des Marchés Publics :
Ibrahim Talba Malla.
  • Auprès du Ministre des Relations Extérieures
  • Chargé
de la coopération avec le Commonwealth
Felix Mbayu.
  • Chargé
de la coopération avec le Monde Islamique
Adoum Gargoum.
  • Auprès du Ministre des finances
  Yaouba Abdoulaye.
  • Auprès du Ministre des transports
  Njoya Zakariou
  • Auprès du Ministre de la justice, garde des sceaux
  Jean de Dieu Momo.
  • Auprès du Ministre de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire
 chargé de la planification Paul Tasong Tchoutang .
  • Auprès du Ministre de l’Environnement, de la protection de la nature et du développement durable
  Dr Nana Aboubakar Djalloh
  • Administration Térritoriale et Décentralisation
   
  • Auprès du Ministre de l'Agriculture et Développement Rural
 Chargé du développement rural Ananga Messina née Beyene Clémentine A.

Ministres chargés de missions à la Présidence de la République

  • Paul Ghoghomu Mingo
  • Benoit Ndong Soumhet
  • Hamidou Moustapha
  • Mengot Victor Arrey Nkongho.
  • Mbarga Mboa Philippe.

Secrétaires d'État

  • Auprès du Ministre de la Défense, chargé de la Gendarmerie Nationale
Yves Landry Etoga.
  • Auprès du Ministre de la Défense, chargé des anciens combattants et victimes de guerre
Koumpa Issa.
  • Auprès du Ministre de l’éducation de base
Kilo Vivian Asheri.
  • Auprès du Ministre des enseignements secondaires, chargé de l’enseignement normal
Bayola Boniface.
  • Auprès du Ministre des forêts et de la faune
Koulsoumi Alhadj ép. Boukar.
  • Auprès du Ministre de l’habitat et du développement urbain, chargé de l’habitat
Dibong née Biyong Marie Rose.
  • Auprès du Ministre de la justice, garde des sceaux, chargé de l’administration pénitentiaire
Dooh Jérome Penbaga.
  • Auprès du Ministre des mines, de l’industrie et du développement technologique
Fuh Calistus Gentry.
  • Auprès du Ministre de la santé publique chargé de la lutte contre les épidémies et les pandémies
Alim Hayatou.
  • Auprès du Ministre des travaux publics chargé des routes
Armand Ndjodom.

L’organisation gouvernementale au Cameroun compte 5 niveaux :Le ministre d'Etat, le ministre, le ministre délégué, le Ministre chargé de mission, le secrétaire d’Etat.Que recouvrent ces différents grades ? Que révèle cette classification ? Participe-t-elle d’un ordre hiérarchique cohérent ?

On découvre à la première lecture de l’acte de nomination du gouvernement actuel quelques curiosités : Il existe dans le gouvernement camerounais deux types de ministres délégués : Le ministre délégué placé sous l’autorité d’un autre ministre qu’on appelle encore ministre sans porte feuille et le ministre délégué à la présidence de la république. Ce qui est particulièrement frappant

lorsqu’on s’intéresse aux statuts des différents ministres délégués c’est la position qu’occupent les ministres délégués à la présidence dans l’ordre hiérarchique. Les ministres délégués à la présidence interviennent juste après les ministres d’Etat et avant les autres ministres dans l’acte de nomination. C’est ainsi que Le ministre délégué à la présidence chargé de la défense et le ministre délégué à la présidence chargé du contrôle supérieur de l’Etat semblent avoir une relative prééminence sur le ministre. Or le ministère délégué est supposé être inférieur à un ministre. C’est ainsi que l’ordre hiérarchique est établi dans les grandes démocraties. Nous avons essayé de comprendre ce qui nous semblait être un paradoxe. Faut-il expliquer la position privilégiée dont jouit le ministre délégué à la présidence par son rattachement à Etoudi ? Ce qui signifierait qu’être raccordé à la présidence confère une ascendance particulière. Cet horizon d’explication est faible. Mbarga Mboa est un ministre chargé de mission à la présidence hors il est inférieur à un ministre dans l’ordre hiérarchique. Une autre donnée qui nous intrigue. Pourquoi un ministère doit être connecté à la présidence au lieu d’être un département autonome mais placé sous l’autorité du premier ministre ? Ce qui serait plus logique car c’est justement le premier ministre qui est le chef du gouvernement et non le chef de l’Etat. Etre connecté à la présidence soustrait un ministre de l’autorité du Premier ministre ce qui entraînera de facto pour ce dernier la perte de contrôle d’une grande partie de l’action gouvernementale et par la suite une réelle difficulté à construire des coordinations, à peser sur des questions stratégiques ..Les ministres délégués à la présidence ne rendent compte qu’au chef de l’Etat. Pourquoi surcharger la présidence en lui connectant certains départements ministériels. N’est-ce pas une autre anomalie du présidentialisme camerounais. Dans un pays comme la France le palais de l’Elysée est resté une maison très légère. C’est pareil avec la maison blanche aux Etats-unis.

Il est possible que le poids d’un membre du gouvernement ne tienne ni à son rang comme ministre ou ministre d'Etat mais aux enjeux stratégiques des missions qui lui sont confiées. Le chef de l’Etat veut garder une forte proximité avec tout ce qui relève de l’armée, de la gendarmerie, de la police, du contrôle supérieur de l’Etat.

On constate aussi en lisant la composition du gouvernement actuel du Cameroun que le secrétaire général à la présidence Ferdinand Ngoh Ngoh n’est pas ministre d'Etat.Il a rang de ministre.Or Atangana Mebara était secrétaire général à la présidence de la république avec rang de ministre d'Etat. Biya a-t-il voulu atténuer l’importance du SG de la présidence suite aux déboires des personnes qui ont occupé précédemment cette fonction ?

Le ministre d'Etat :

Les ministres d’Etat ont une préséance sur les autres et viennent tout juste après le premier ministre dans l’acte de nomination. L’accès à ce statut est souvent présenté comme une promotion. Le gouvernement actuel du Cameroun compte trois ministres d’Etat :Il y a le doyen Amadou Ali ,le vieux briscard ,le fils de kolofota. Il est vice-premier ministre, ministre d'Etat chargé des relations avec les assemblées. Il y a Bello Bouba Maigari ,ministre d'Etatt, ministre du tourisme et des loisirs. Il a enfin Laurent Esso, ministre d'Etat , mi-nistre de la justice garde de sceaux.

Mais qu’est-ce qu’un ministre d'Etat ?Le statut de ministre d'Etat est un titre honorifique attribué à un membre du gouvernement dans plusieurs pays au monde. Il indique l’importance de son titulaire au sein d’un gouvernement. Le ministre d'Etat est placé protocolai-rement après le premier ministre et avant les autres ministres.

Sur quels critères attribue-t-on à un individu le statut de ministre d'Etat ? Est-ce du fait de l’importance d’un ministère ? Et comment détermine -t-on l’importance d’un ministère ? Est-ce par le nombre plus ou moins important de directions qu’il possède ? Si c’était le cas Réné Emmanuel Sadi ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation serait ministre d'Etat. Or il ne l’est pas. Et pourtant il gère un département considérable ne serait-ce que par sa taille et ses attributions. C’est lui qui s’occupe de tout ce qui est consultations électorales, politiques de décentralisation, il assure la tutelle de l’Etat sur les collectivités territoriales. De même le ministre de l’économie, de planification et l’aménagement du territoire Paul Motaze serait ministre d'Etatt. Ses responsabilités sont immenses. C’est lui qui élabore le cadre global de planification stratégique de développement du pays, coordonne la stratégie de réduction de la pauvreté, élabore le programme d’investissement pluriannuel de l’Etat. Et pourquoi le ministre des ministres Monsieur Ousmane Alamine Mey ne serait pas lui aussi ministre d'Etat. C’est le principal ordonnateur de l’Etat. C’est lui qui débloque les crédits pour tous les autres ministères. Certains spécialistes pensent même que le ministre des finances est le ministre le plus puissant du pays. Tous les autres sont à sa merci. Il peut bloquer ou retarder l’attribution des crédits.

On constate à l’inverse que monsieur Bello Bouba qui gère un ministère de faible envergure, le ministère du tourisme est ministre d'Etat. De même Laurent Esso qui est ministre d'Etat s’occupe d’un département de l’Etat qui n’appartient pas à la liste des mieux lotis ne serait-ce qu’en termes de budget.

On pourrait penser par ailleurs que le statut de ministre d'Etat est conféré à certaines personnalités politiques du fait de leur poids en tant que membres de la coalition. C’est ce qui pourrait justifier

l’attribution de ce titre à Bello Bouba Maigari. Mais pourquoi ne l’avoir pas aussi attribué à Issa tchiroma ?

Le statut de ministre d'Etat procède vraisemblablement d’une hiérarchie qui n’est pas fonctionnelle mais personnelle.

Dans les pays où ce statut a été instauré il fut souvent attribué à des personnalités politiques qui s’étaient distinguées comme méritantes dans la vie publique. André Malraux et Felix Houphouet Boigny furent ministres d’Etat sous le régime du général de Gaulle.

Nous avons 3 ministres d’Etat Amadou Ali ,Bello Bouba, Laurent Esso. Peut-on accréditer ces individus d’un talent particulier qui justifierait ce statut ? Cette interrogation conduit à une autre qui est beaucoup plus technique. La gestion prévisionnelle des emplois et des compétences avait établi une distinction entre la notion de compétence et la notion de performance. Qu’est-ce qui prévaut dans l’évaluation des individus à Etoudi ?Est-ce la compétence ? Est-ce la performance ?

La compétence renvoie au savoir-faire, à l’expérience. La performance renvoie à la capacité d’un individu à produire des résultats. La compétence ne produit pas toujours des résultats. La capacité à produire des résultats peut dépendre des considérations psychologiques comme la motivation ou le sens de l’intérêt général.

La performance de nos ministres d’Etat serait difficile à démontrer. Par contre ce sont des hommes de grande compétence. Cette compétence tient d’abord à leur longévité dans les hautes sphères de l’Etat.Amadou ali 71 ans ,est ministre depuis 1982.Il a survécu à tous les remaniements. Il est allé de l’administration territoriale à la justice en passant par la gendarmerie avec des escales à la présidence. Il maîtrise jusqu’au bout des doigts l’appareil sécuritaire de l’Etat. Laurent Esso,magistrat hors échelle, 74 ans il est le doyen

du gouvernement. Il sillonne les hautes sphères décisionnelles depuis 1982.Son très long séjour aux affaires a été fait de déambulations entre la justice et la présidence de la république( comme directeur du cabinet civil et secrétaire général à la présidence), en passant par la santé et la défense.

Tout comme Amadou Ali et Laurent Esso on peut accréditer Bello Bouba d’une grande connaissance de l’appareil de l’Etat. Il a été premier ministre de la république unie du Cameroun du 6 novembre 1982 au 22 Août 1983.Il est sorti du sérail et a connu un moment d’exil. Le vent du multipartisme aidant, Il est revenu aux affaires à la faveur d’un accord de gouvernement et n’en est plus ressorti.

Mebara Atangana disait de Biya qu’il était un homme des dossiers. C’est ceux qui savent travailler leurs dossiers qui parviennent à le séduire. Faut-il élargir sur cet ordre de considérations la justification à leur longévité aux affaires et leur consécration comme ministre d'Etat ? Nous trouvons cet horizon d’explication vraisemblable. Mais certainement pas exclusif. Il ne saurait être exclusif dans le cas d’Amadou Ali notamment. Il a été mêlé à trop de complots, à trop de coups tordus pour qu’on le soupçonne d’avoir une mission politique spécifique. Nos 3 ministres d’Etat sont d’abord des ministres politiques. Ils survivent à tous les remaniements parce que Biya a besoin de leur présence pour des mobiles qui relèvent de la stratégie.

Le ministre

Le grade situé juste après celui de ministre d'Etat dans la hiérarchie gouvernementale est celui de ministre. Pour le doyen d’université Bockel le département ministériel résulte de la conjonction d’un double phénomène : La division du travail et le principe hiérarchique. Le premier consiste à repartir les diverses missions de l’Etat en grands secteurs d’activité homogènes, le second à regrouper l’ensemble des services concernés sous l’autorité d’un homme politique : Le ministre

La plupart des auteurs qui ont étudié la fonction ministérielle ont souligné à l’envie son caractère hybride. D’une part il apparaît pour reprendre les termes du doyen d’université Bockel comme l’autorité supérieure de l’action des services d’un département ministériel d’autre part en effet en tant que membre du gouvernement, il fait partie de l’organisme politique et à ce titre il est parfois appelé à participer aux décisions concernant l’ensemble des affaires de l’Etat. Mais nous sommes là dans la teneur minimaliste du concept. Il arrive qu’on relève avec insistance parlant d’un ministre, que c’est un ministre politique, ou d’une fonction qu’elle est politique. Cette précision sur laquelle s’attardait Max Weber suppose que tous les ministres et toutes les fonctions de l’Etat ne sont pas nécessairement politiques.

Le politologue allemand Max Weber expliquait à cet effet :> Le savant et le politique

Le gouvernement actuel du Cameroun n’est pas très politique au sens Weberien Du termes. Il n’a pas beaucoup d’idéologues. Et ceux qui le sont ne pavanent pas beaucoup sur les plateaux télé. Ils préfèrent laisser ce travail à Hervé Kom et Messanga Nyamding les tâcherons bénévoles du militantisme officiel.

Certes les ministres d’Etat Amadou Ali et Laurent Esso sont très politiques par le rôle qui leur a été assigné dans la traque des adversaires. Amadou Ali est le maître d’œuvre de l’opération épervier. Le ministre de la communication et porte parole autoproclamé du gouvernement est un ministre très politique de part sa responsabilité dans le contrôle de l’opinion publique.Le ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation Réné Emmanuel Sadi exerce une fonction très politique même s’il ne bavarde pas beaucoup. Il doit empêcher au maximum la profusion des jacqueries et veille à ce que le système électoral soit toujours favorable au chef de l’Etat.

Sur le plan strictement intellectuel le gouvernement actuel est assez bien étoffé. Les ministres ayant un grade d’enseignant d’université sont toujours nombreux. Les faiblesses de ce gouvernement se trouvent ailleurs. On y trouve pas encore ce qu’on pourrait appeler des politiciens de grande envergure. Qu’est-ce qu’un politicien de grande envergure ? Trois critères nous semblent essentiels pour le définir : Premièrement il émerge au sein d’un parti politique comme le chef de fil d’un courant d’idées. Il a derrière lui de vastes soutiens.On parlera souvent en France des Fabuissiens, des strauss-khaniens,des juppéistes pour signifier que les politiciens dont les noms renvoient à ces adjectifs incarnent des courants politiques.

Un autre élément nous semble tout aussi important. La politique est un art de la rhétorique.les grands politiciens sont d’abord ceux surplombent la scène par un maniement habile du verbe, une réelle capacité à élaborer des discours porteurs. Ils se sont imposés par la richesse de leurs analyses.

Les ténors de la politique se démarquent en outre par le caractère. Ce sont des hommes de forte personnalité. Un ténor c’est celui qui

est capable de se distinguer du commun des politiques par son indépendance et sa liberté d’opinion.C’est celui qui est capable de dire non au chef du parti ,au chef de l’Etat s’il milite dans le parti aux affaires. Si on reste dans les références francaises on citera à gauche emmanuel macron ,arnaud montbourg ,à droite alain juppé ,François Fillon.

On ne trouve pas dans le gouvernement actuel plus de deux ministres qui pourraient correspondre à un seul de ces critères. Peut être Gregoire Owona qui fut pendant des années l’un des chefs de fil des progressistes du RDPC avec Ekindi. On en vient donc à la principale faiblesse de ce gouvernement. Il lui manque de fortes personnalités politiques capables de donner à la fonction ministérielle toute la hauteur qu’elle mérite. Biya -t-il de la peine à trouver des individus qui pourraient porter très haut l’action gouvernementale ? Est-ce plutôt un choix délibéré de s’entourer de personnes sans charisme ? C’est-à-dire des individus qui ne pourront jamais lui faire ombrage par leur rayonnement. On pourrait tout aussi approcher la réalité avec une lecture aimable en cherchant dans le profil d’hommes privilégié par Biya la primauté donnée à la technocratie sur la politique. Dans une technocratie, on confie la gestion des affaires publiques à des spécialistes dont le savoir-faire technique doit permettre au pays de naviguer en eaux agitées en évitant les écueils. Les technocrates sont des gestionnaires qui prennent la place des politiciens. Entre leurs mains la politique à adopter relève de l’ingénierie civique. La technocratie s’inscrit dans un horizon postpolitique. Est-ce une mauvaise chose ?Il ne fait aucun doute qu’un régime technocratique peut afficher de beaux résultats :Le miracle économique chinois en est le meilleur exemple. Et un chef de gouvernement comme Mario Monti a été sans doute un meilleur administrateur des affaires publiques qu’un Silvio Berlusconi.

L’évaluation Des compétences rassemblées dans l’actuel gouvernement du Cameroun laisse penser que le président de la république est désormais réticent à propulser aux fonctions ministérielles des individus qui ne peuvent pas justifier d’un long séjour à des postes de responsabilité. La technocratie de Yaoundé est une mosaïque très disparate d’experts dont certains viennent de l’Université ,Ngole Philippe ; de la haute administration,Emmanuel Ngounou Djoumessi , Mbah Acha ;du monde de l’entreprise, Ngalle Bibehe, Atangana Kouna…On peut les accréditer d’une expérience jalonnée de missions diversifiées dans les hautes sphères du public et du privé.

Le secrétaire d’Etat

Les secrétaires d'État sont membres du gouvernement, au dernier échelon de la hiérarchie ministérielle et placés sous l'égide d'un ministre, ou parfois du seul Premier ministre. Les secrétaires d'Etat disposent de beaucoup moins de pouvoir que les ministres délégués. Ils ne gèrent pas de budget propre et ne peuvent pas signer de décrets. Au bas de l'échelle dans l'ordre protocolaire du gouvernement, ils sont les plus éloignés géographiquement du président et du premier ministre à la table du conseil des ministres. Lors des cérémonies publiques, ils sont également placés aux derniers rangs des membres du gouvernement, selon l’ordre de préséance établi par le protocole officiel. Selon ce même ordre, ils sont autorisés à prendre la parole en premier, puisque les allocutions « sont prononcées par les autorités dans l'ordre inverse des préséances ».Les secrétaires d'Etat sont également légèrement moins bien payés que leurs homologues ministres et ministres délégués

mercredi, 19 juin 2019 22:31

Les différentes Républiques du Cameroun

La première République du Cameroun connaît une évolution politique marquée par le passage de l'État fédéral (1961-1972) à l'État unitaire (1972-1982).

Le plébiscite
Au moment où le Cameroun français obtient son indépendance, le 1er janvier 1960, le Cameroun britannique est encore sous la dépendance de la Grande-Bretagne. Le 11 février 1961, la Grande-Bretagne lui impose le choix, au cours d'un plébiscite, entre l'indépendance dans le cadre de La fédération nigériane ou l'indépendance dans le cadre d'une union avec la République indépendante du Cameroun. Les résultats du plébiscite partagèrent la poire en deux, la partie Nord du Cameroun britannique se rattachant au Nigeria tandis que la partie Sud s'unissait au Cameroun français devenu indépendant.

La fédération
Après ce plébiscite, des négociations en vue de trouver La Constitution idoine pour les deux Cameroun furent engagées par les hommes politiques camerounais des deux rives du Moungo. A la conférence de Foumban, qui eut Lieu du 16 au 21 juillet 1961, les protagonistes optèrent pour La fédération.

Le choix de cette option reposait cependant sur un malentendu car les leaders des deux délégations Ahmadou Ahidjo et John Ngu Foncha , n'avaient pas la même vision de La fédération. Foncha acceptait La fédération tout en pensant à la confédération ou Buéa jouerait véritablement le rôle de capitale d'un Cameroun occidental suffisamment autonome.

Ahmadou Ahidjo, quant à lui, acceptait La fédération tout en considérant qu'elle n'était qu'une étape vers un État unitaire où Yaoundé deviendrait la seule et véritable capitale du Cameroun.

La République Fédérale du Cameroun
Le 1er octobre 1961, ce fut la naissance de La République Fédérale du Cameroun sans que pour autant le malentendu évoqué ci-dessus ait été levé. Au contraire, Ahmadou Ahidjo , devenu Président de La République Fédérale adopta une stratégie visant à amener les leaders politiques du Cameroun occidental à entrer dans ses vues. Il obtint une première victoire lorsque, le 1er septembre 1966, tous les partis politiques du Cameroun occidental et certains du Cameroun oriental acceptèrent de se saborder afin de former, avec l'Union Camerounaise , l'UC, un parti unifié . C'est dans le cadre de ce dernier, l' Union Nationale Camerounaise , l'UNC que furent élaborées toutes les réflexions et les démarches qui allaient aboutir, le 20 mai 1972, à la création de l'État unitaire.

Au-delà de cette évolution vers l'État unitaire, l'État fédéral fut confronté à la contestation de la légitimité du pouvoir que détenait Ahidjo depuis le 1er janvier 1960. En effet, une frange de La population camerounaise sous obédience de l'Union des Populations du Cameroun, l'UPC estimait que l'indépendance octroyée par Les Français n'était qu'un simulacre et que Ahidjo n'était qu'un valet de la colonisation qu'il fallait combattre.

Les leaders de l'UPC en exil déclenchèrent ainsi une insurrection armée dès la proclamation de l'indépendance, insurrection qui allait cependant connaître des débordements, se transformant quelquefois en actes de brigandage, de banditisme et en règlements de compte. Ahidjo, aidé en cela par Les Français, allait mener une lutte sans merci contre ceux qu'il considérait alors comme des rebelles. La victoire fut de son côté car non seulement il bâillonna l'opposition intérieure à travers l'ordonnance de mars 1962 mais encore, les leaders de l'UPC en exil furent tués l'un après l'autre. Le dernier d'entre eux, revenu au Cameroun pour organiser de l'intérieur la lutte armée, Ernest Ouandié , fut arrêté, jugé dans un procès resté célèbre qu'on appela procès Ouandié-Ndongmo, et condamné à la peine capitale. Il fut fusillé le 15 janvier 1971.

Fin de l'Etat Fédéral
L'hypothèque UPC étant ainsi levée par la mort de Ouandié, Ahidjo pouvait mettre fin à l'État fédéral. Il invita les Camerounais à se prononcer par référendum pour le maintien ou non de l'État fédéral. Cette consultation eut Lieu le 20 mai 1972 et les Camerounais optèrent pour l'État unitaire par 99,9% des voix. Un véritable plébiscite ! Une constitution unitaire organisait désormais la vie politique camerounaise au sein de la République Unie du Cameroun.

Dans ce nouveau cadre, Ahidjo ne rencontra que très peu d'opposition ouverte. Il se permit même de répandre des rumeurs sur son éventuel refus de présenter sa candidature aux élections présidentielles de 1975. Le congrès de l'UNC de 1975 à Douala fut enthousiasmé par le Oui j'accepte qu'il prononça pour mettre fin à ces rumeurs. Il fut élu en 1975 et réélu en 1980. Alors qu'on s'y attendait le moins, il décida de démissionner de ses fonctions de président de la République Unie du Cameroun le 4 novembre 1982. Il demanda aux Camerounais d'accepter que son successeur fût Paul Biya, son successeur constitutionnel. Ce dernier prêta serment le 6 novembre 1982 et devint ainsi le second président du Cameroun. Avec lui commençait

La deuxième République
La Deuxième République du Cameroun connaît également une évolution en deux phases. La première qui va de 1982 à 1990 fut consacrée à la maîtrise et à la gestion de la transition et la seconde qui commence en 1990 consacre la renaissance des libertés, politiques au Cameroun.

La démission de Ahidjo et l'accession de Paul Biya semblaient indiquer des lendemains harmonieux au Cameroun car, dans son discours d'investiture, Biya se prononça pour la continuité dans la fidélité à un homme, son illustre prédécesseur . Très vite cependant, des fissures apparurent dans ce bel édifice car, tout en se prononçant pour la continuité, Paul Biya plaça son régime sous la bannière de la rigueur et de la moralisation, mots encore inconnus dans le langage politique camerounais.

Des inquiétudes se firent jour çà et là et, Ahidjo, qui n'avait pas abandonné la direction du parti à son successeur, crut utile de passer par ce canal pour reprendre d'une main ce qu'il avait donné de l'autre. Il annonça le 31 janvier 1983 que l'UNC avait la prééminence sur l'État et il s'employa à le démontrer sur le terrain par des entorses protocolaires. La fissure devint de plus en plus cassure et Paul Biya chercha à maîtriser et à gérer le pouvoir qu'il détenait. Il procéda à des remaniements ministériels, nommant de préférence des hommes à lui au détriment de ceux choisis par son prédécesseur. Le Cameroun entra alors dans une sorte de bicéphalisme qui donna Lieu à des choisis par son prédécesseur. Le Cameroun entra alors dans une sorte de bicéphalisme qui donna Lieu à des complots, des tentatives d'assassinats des procès et des condamnations. La crise la plus profonde dans cette bataille pour la maîtrise effective du pouvoir au Cameroun eut Lieu le 6 avril 1984 lorsque des officiers de l'armée camerounaise originaires du Nord - Cameroun et considérés comme les alliés de Ahidjo organisèrent un coup d'État pour renverser le président Biya. Cette tentative de coup d'État échoua entraînant par ce fait même des procès et des exécutions.

L'échec de ce coup d'État libéra totalement Paul Biya de l'emprise de son illustre prédécesseur . Pour matérialiser cette émancipation, Paul Biya prit une série d'options politiques marquant clairement la fin du bicéphalisme et la maîtrise d'un pouvoir dont il était désormais le seul et légitime propriétaire. C'est ainsi qu'il décida, sans transition, de passer de la République Unie à la République du Cameroun, d'organiser le quatrième congrès de l'UNC au cours duquel l'UNC fondé par Ahidjo devint le RDPC, Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais avec pour fondateur Paul Biya. Il convoqua également les électeurs pour des présidentielles anticipées afin de se donner une légitimité populaire. Par ces actes, Paul Biya devint le véritable président de la République et put alors engager la seconde phase de sa gestion politique du Cameroun, celle qui est consacrée à la renaissance des libertés politiques.

Y est-il arrivé de sa propre initiative comme il l'affirme quand il dit qu'il est celui qui a apporté la démocratie au Camerounais ? Y a-t-il été forcé par l'affaire Yondo ou la marche de Bamenda comme l'affirment ses adversaires politiques? Le débat reste encore ouvert. Quoi qu'il en soit c'est sous Biya que fut rétabli le multipartisme au Cameroun. On compte aujourd'hui plus d'une centaine de partis. Toutefois, ceux qui émergent vraiment sont peu nombreux. On peut citer parmi les principaux:

le RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais)

le SDF ( Social Democratic Front)

l'UNDP ( Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès)

l'UDC (Union Démocratique du Cameroun)

l'UPC (Union des Populations du Cameroun, divisé en plusieurs tendances)

le MDR

le MLDC (Mouvement pour la Libération et le Développement du Cameroun)

Sous ce règne il y a eu une tentative de dialogue entre Camerounais à travers la tripartite, le large et grand débat, ainsi que des élections où plusieurs partis ont eu à s'affronter. On assiste aussi à des alliances entre partis politiques telles que l'alliance RDPC-MDR ou encore RDPC-UNDP. Des négociations RDPC-SDF ont également eu Lieu.

Cette renaissance des libertés amorcée pendant la deuxième phase de l'ère Biya n'a pas eu que des effets positifs. Elle a aussi libéré les revendications identitaires qui par moments frisent des conflits ethniques entre différents groupes camerounais. Le groupe dont les revendications identitaires sont les plus virulentes reste la minorité anglophone qui affirme à cor et à cri qu'il existe un problème anglophone au Cameroun.

On doit cependant à la vérité de dire que cette renaissance des libertés attendue depuis longtemps n'a pas comblé toutes les attentes des Camerounais. La mise en application de certains aspects de la nouvelle constitution est encore à venir; les contestations électorales sont encore monnaie courante et on parle aussi de violation des Droits de l'Homme. Combler ces différentes lacunes doit rester la priorité du Cameroun à l'aube du XXIe siècle.

lundi, 17 juin 2019 01:24

La mission catholique de Somo

A 700 m de l’axe lourd Yaoundé-Bafoussam, et à 3 km du centre ville de Ndikinimeki, se situe la Mission Catholique de Somo. Elle occupe une superficie d’environ 46ha et une population variable selon les années. C’est la deuxième mission de l’arrondissement après celle de Toundou. Elle dépend du diocèse de Bafia. La Mission Catholique de Somo a vu le jour en 1925. Elle ressemble à un petit village vu sa composition à savoir : une église, un presbytère, une communauté de sœurs ; les sœurs de l’enfant Jésus Nicolas Barré, 2 quartiers dénommés New Town (New-Bell) et Mondong. La Mission comprend aussi deux établissements scolaires à savoir : une école primaire et un Collège d’Enseignement Technique Féminin. Enfin il y a un dispensaire qui fonctionne à peine, vu ses portes qui sont fermées de temps à autre.
La Mission se situe dans le territoire du village Etoundou II. Somo est en quelque sorte la Mission-mère de Ndiki. Aucun Banen ne peut rester indifférent au nom Somo. Aussi, le nom « Somo » reste gravé dans la mémoire de tout un chacun qui y a fait ne serait-ce qu’un tour dans les années précédentes.
Somo était sur le territoire de Ndiki qui avait pour chef Somo. Ce dernier donna ce terrain à Bagnéki qui fut chef de Toundou, et le terrain Ndiki devint une propriété Toundou
Alors, une Mission vit le jour là, celle de Toundou. C’est en 1925 que Bgneki transféra la mission de Toundou à l’emplacement actuel. La Mission de Somo doit ainsi son nom au chef Ndiki qui s’appelait Somo.
Le tout premier prêtre fut Alphonse Bernard et le premier Chrétien répondaient au nom Minou Nicolas.
En ce temps, c’était dans une petite chapelle que les Chrétiens se réunissaient chaque dimanche pour prier. C’est là que fut célébré le premier mariage qui était celui de M.Bahoken et de Mme Rose Ossosso.
La construction de l’actuelle église fut commencée par le Frère Romuald qui posa la première pierre en 1938. Elle fut achevée par le père Louis LEBRIS qui arriva à Somo en Décembre 1925.C’était donc lui le deuxième prêtre après le père Alphonse Bernard. A sa prise de fonctions, la Mission prit un nouveau tournant de développement. Son action le rendit très populaire.

L’ère Louis Lebris

Pour commencer, le père LEBRIS fonda une école qui servait à la formation des jeunes femmes qui se préparaient au mariage, ou ces jeunes filles qui avaient un comportement insupportable. Cette école était appelée ‘’ les Sixa‘’. Aussi, toute jeune femme désirant épouser un homme était d’abord conduite aux ‘’ Sixa ‘’où on lui apprenait à tenir son foyer pour l’avenir. Très tôt le matin, ces femmes se mettaient en route pour aller chercher les feuilles de patate pour nourrir les lapins, cela à cinq km voire plus. Toutes étaient concernées y compris celles qui avaient des enfants. De retour du champ, elles s’occupaient des lapins.
Ces femmes ne mangeaient pas plus de deux fois par jour et passaient toute leur journée à travailler. Bref, elles avaient rejeté toute idée luxe. Une fois par semaine, elles pouvaient recevoir la visite de leur homme celle ci était limitée à 5mn tout au plus.
Ces « Sixa » ne duraient pas moins de 6 mois. A la sortie, toute bonne femme avait la tête bien pleine et bien faite.

Plus tard, les ‘’ Sixa ‘’ furent transformées en une école de filles où on avait beaucoup de maîtresses, à l’exemple de, Mme Engmok Anne devenue plus tard infirmière de l’hôpital de Ndikinimeki. A cette époque, il n’y avait pas encore de communauté religieuse.
Les œuvres du père LEBRIS ne se limitent pas seulement aux ‘’ Sixa’’, il avait également crée une très grande palmeraie qui vous accueille à partir de la grotte où se trouvent les statues de Marie et de Bernadette. En somme, toute la Mission a été saturée de palmiers qui d’ailleurs ravitaillent jusqu’à nos jours les habitants actuels de la Mission
De son temps, il y avait une grande menuiserie, un grand étang où on retrouvait plusieurs variétés de poissons ; un foyer des jeunes, une école Primaire. De nos jours, la menuiserie, l’étang et le foyer ne restent plus que des souvenirs.

De son temps, la croyance en Dieu occupait une place de choix dans la vie d’un chrétien par rapport à nos jours.

Le père Louis LEBRIS était un excellent prédicateur pour preuve les jours de dimanches et de fêtes, les fidèles quittaient Tonga, Yambassa Kom, sans compter les villageois de tout Ndiki. Bref, on y trouverait les Bamilékés, les Bassa et autre ; si bien que les retardataires ne trouvaient plus de place, malgré la grandeur de l’église au point où les jours de fêtes, les chrétiens quittaient leurs villages 2 à 3 jours avant. En ce temps là, il avait deux messes tous les dimanches. La messe de 6h30 et celle de 8h. Il n’y avait aucune différence entre le grand marché de la semaine et la messe, du point de vue population. Une ex communion servait de sanction à tout chrétien qui manquait la messe à 3 reprises. Bref, la Mission se remplissait de chrétiens tous les dimanches et jours de fêtes nonobstant la distance qui les séparait du lieu. Tout élève était contraint d’aller à la messe, non pour accomplir son devoir, mais pour suivre attentivement la parole de Dieu.
Malheur au chrétien qui rêvait de faire le désordre. Celui là était directement pointé du doigt car le père connaissait les 95% des chrétiens par leur nom comme Jésus connaissait ses apôtres.
Il se raconte qu’à plusieurs Kilomètres du quartier New-Town, se trouve une montagne appelée Endeklétang une ’’mamy waters ‘’ y avait élu domicile. La montagne, occupée par les mauvais esprits, vomissait du feu ; la « mamy » ne permettait pas aux habitants des environs de vivre en paix. Pour résoudre ce problème, le Père Louis LEBRIS, accompagné d’une foule de chrétiens, alla planter une croix au sommet de ladite montagne.’’ Ombassa w Endeklétang ‘’ (la croix de Ndeklétang). Tout s’était passé dans une atmosphère de prières. Mais alors, au retour, de nombreuses personnes tombèrent malade car secouées par le mauvais esprit. Mais ils reçurent la bénédiction du père. Et depuis ce temps là, plus de « mamy » plus de feu et plus de peur.
De nos jours on a l’impression que le père LEBRIS avec son départ a emportée avec lui la foi. Ce qui reste vrai est que la mission de Somo a perdu de sa superbe. Avec son départ , la mission a perdu un bâtisseur. Le père Paquette qui le succède, n’avait pas pu assurer la relève, il n’a pas pu suivre les pas de son prédécesseur.
La population de Somo a été constituée pour l’essentiel par les halogènes. Etant en période colonial. le chef prenait ses sujet et les donnait au prêtre. Ils étaient alors comme les ouvriers de la Mission, ils travaillaient au compte de la Mission. Le prêtre leur donna le terrain. Devenus nombreux Ils ont formés une petite nouvelle ville, celle de la Mission. D’où le nom « New Twon » qui signifie « nouvelle ville ». C’est ainsi que naquit le célèbre quartier New-Twon où nous vous invitons à faire un tour.
Du temps de Louis LEBRIS il y avait 3 Frères blancs qui tous sont déjà morts. C’était les Frères Blaise, Romuald, Joseph.
Le père LEBRIS quitta la Mission de Somo en 1970 lorsqu’il tomba malade. Il mourut 4 ans après. C’est donc en 1970 qu’arriva le père Paquette. Plusieurs prêtres lui ont succédé. Nous avons par exemple : le père Petit, le père Ferond, le père Jérôme Mballa, Le père Tisserand, l’abbé pierre Nkwalang, Etienne Bietéké, le père Jérôme Mballa, le père David, Eugène Bréthomé et enfin le père Jean Turpaud.
S’agissant des Sœurs, il y a d’abord eu les Sœurs de la congrégation des filles de Marie de Yaoundé, puis les sœurs de l’enfant Jésus, Blanches et Camerounaise qui sont là de nos jours. C’est ainsi que le C.E.T a été dirigé par les sœurs, ongmokoka Madeleine, Annie Massong, Andrée et Julienne Ndzanga.

lundi, 17 juin 2019 00:03

Les village Nekom

Nékom I et II sont deux des 70 villages de l’ensemble Ndikinimek – Nitoukou en pays banen. Ils couvrent la partie centrale et méridionale du grand ensemble Ndikoko auquel ils appartiennent, Nékom I, encore appelé Nékom-route s’étend sur trois kilomètres environ, le long de la route qui relie Nitoukou à Ndikinimeki. Il est limitrophe de Nitoukou à Massia d’une part et de Ndekbagna d’autre part. A trois kilomètres de la route, se trouve Nékom II, encore appelé Nékom-village. Lui aussi s’étire sur près de deux kilomètres, le long de la piste qui mène à Elond. Il est séparé de Ndekyap par la manoui toute proche, et est limitrophe de Banif.

Nékom I et II possèdent un relief assez difficile. Les monts les plus remarquables Sont Nimbou, Nikit et Oukol. Ici, les forêts galeries et la savane se bousculent. Ce sont des villages très arrosés. On y rencontre beaucoup de cours d’eau. Les plus importants sont Mafang Massia, Twil et Toupondo Noêle. Toute une gamme de petits gibiers peuple les forêts et les savanes. Comme ces villages sont environnés de toutes parts d’autres villages plus ou moins éloignés, on ne rencontre pas d’animaux tels que buffles, les sangliers, les chimpanzés.

D’où viennent Nékom I et II ?
Avant de répondre à cette question, il convient de préciser qu’il s’agit de deux villages qui ont des liens de sang et qui n’ont été séparés que pour des besoins administratifs. Entre les deux, le mariage est impossible. Nékom I et II ont donc une ancêtre commune : Ekom, fille de Mounif et petite fille d’Ekoko, l’ancêtre de tout Ndikoko. Ekoma été mariée à un serviteur de son père qui fut sans doute un otage de geurre. C’est pourquoi toute la descendance porte le nom de la femme : les descendants d’Ekom, les gens d’Ekom. Cette descendance a beaucoup prospéré.
Du temps des Allemands, un commerçant étranger, (haoussa) Kilignoki fut assassiné par des gens de Ndikoko. Une partie des descendants de Nomena (famille de Ngobok) et une partie des Nékom étaient impliquées dans cette affaire. Les soldats de l’administration allemande arrivènt pour enquêter. A la question de savoir qui avait tué le commerçant, on leur répondit en pidjin : ‘’ Na Ndem Ndat ‘’, (les voilà), en désignant les gens qui étaient impliqués. Dès lors ceux-ci se considérèrent comme les ‘’ Ndéma’’, qui est une déformation de ‘’Ndem Ndat’’, Et depuis, ils se considérèrent comme un clan à part. C’est pourquoi certains gens du village Ndéma sont en réalité des gens de Nékom. Il s’agit des descendants de Melemeng.

Avec le passage de la route Ndikinimeki – Nitoukou, l’administration coloniale française demande à toutes les populations de Ndikoko de s’établir le long de la route. Certaines obéirent. Mais beaucoup d’autres refusèrent. C’est pourquoi on trouve aujourd’hui une partie de certaines familles le long de la route, et une autre partie établie dans leur emplacement de toujours. C’est ce qui explique le fait qu’il y ait deux Nékom. Lorsqu’ont parle de Nékom, on pense immédiatement à certains notables célèbres. Il s’agit de Ndewé, Endjalom, de Batanken, Balata, de Yonguen. Nékom est composé de trois grandes familles : les Ndekendjalom, les Ndekeyonguen et le Ndikikoul. Nous savons déjà que les Ndekmelemeng sont des Ndéma

Les populations de Nékom vivent dans des maisons de toits en tôles ondulées, et groupées pour la plus part. L’activité dominante est l’agriculture. Des plantations de cacaoyers et de caféiers recouvrent les vallées de Manoui et de Noêle, les vallons et leurs pentes telles que Pessol, Oukol-ètek, Tongoli-ètek, Matanana. Une variété de cultures vivrières, provenant entre autre de Hetê et d’Ekath assure l’autosuffisance alimentaire. On y cultive remarquablement la canne à sucre. Le surplus de la production est évacué à Nitoukou les jours de marché et à Ndiki les samedis.

Nékom II souffre beaucoup de l’enclavement. La piste qui le dessert n’est pas praticable
Pendant les pluies et les gens du village doivent remplacer les ponts chaque saison. Nékom I ne connaît pas ce problème. Des éleveurs bororo s’y sont installés ces dernières années. A Nékom-village aussi bien qu’à Nékom-route, on trouve une chapelle de la Mission Catholique. Trois écoles primaires se partagent les enfants : l’école publique de Ndekyap, l’école Catholique de Ndekbagna et l’école publique de Nitoukou.
Bien qu’il s’agisse d’une même famille, Nékom I et II possèdent chacun un chef de troisième degré :
M. Balitoni Isidore pour Nékom II et M. Ibel Simon pour Nékom I. ceux-ci ont remplacé
L’unique ‘’ Headman’’ .M. BALATA, qui a lui-même succedé à Enjalom.

Les Nékom sont de grands danseurs. Chez eux, tout le monde sait frapper le tam-tam, même
Les petits enfants. Tout le monde sait également danser, y compris les femmes. Ils possèdent des
Groupes de danse célèbres au village et dans les villes (tounimenou).

Les populations de Nékom ont un caractère extraordinaire. Souvent entêtées, elles sont en général généreuses et surtout très accueillante. Et lorsqu’elles s’entendent pour réaliser quelque chose, elles le font toujours avec succès éclatant.
Nékom I et II sont vraiment des coins à visiter. Faites-y un tour et vous serez entièrement mordu.

dimanche, 16 juin 2019 23:57

Ndiki village

Ndiki est la radicale de tout un ensemble dont la fusion Ndiki + Niméki a donné naissance à Ndikinimeki. Le village Ndiki est l’un des plus importants de l’arrondissement ayant à sa tête un seul chef de 3e degré. Cette chefferie est le siège du canton de l’Inoubou-Nord.

Situé en partie sur la nationale N°4 qui relie Yaoundé à Bafoussam, plus précisément à deux kilomètre du centre ville de Ndikiniméki, Ndiki village s’étend sur une très grande superficie et a une population d’environ 3 506 habitants. Il est limité côté sud par le centre ville de Ndikiniméki (quartier Ndekemalouk) avec le ruisseau appelé Bakatik Oyendok qui se jette dans la rivière Molo. par Ndékalende avec le ruisseau Moussal-Eyabal ; par Ndokononoho avec le ruisseau Nihoung ; par Ndikoti (Ndikoko) avec une vallée dite hiagnak he beyongol.
Côté Nord, par Ndikitolé avec le ruisseau Etokotok se prolongeant sur le ruisseau Malikin - Manoui et Ebombon.
Côté Est, par Etoundou avec le ruisseau Yanga qui se jette sur le Noun.

Côté Ouest, par Mafè Brousse, Ndokohok- brousse sur le ruisseau Manoui et par Ndikibou avec le ruisseau Emba, ruisseau appartenant aux Nebolen.

Ndiki est situé en zone de transition entre la savane et la forêt et a un relief très varié. On y trouve des monts comme Nekond (1004m) un mont aux mille et une merveilles. De multiples cours d’eau arrosent tout le village. Son climat à quatre saisons favorise la culture des produits d’exportation tels que le cacao et le café, ainsi qu’une grande variété des produits vivriers tels que le macabo, le manioc, l’igname, le taro, la banane, plantain, le maIS, l’arachide, la patate etc. Ici la population est essentiellement agricole.

Ndiki – village est composé de huit quartiers ayant chacun plusieurs familles Au quartier Ndekboudaba on retrouve les familles : Nith, Ndekongsabiak, Ndekbagnam, Ndekbalitoni – Beyongol, Ndekbide, Ndeknimb, Ndekemonaniof, Ndekenelemb, Ndekten, Ndikibin, et Ndekebossal.
Au quartier Ondjak, on trouve les familles: Ndekboliang, Ikoup, et Ndekendeka.
Au quartier Ndengata, on trouve les familles: Ndekessobal, Ndeksen, Ndekongbyo, Ndekmeni, Ndekbassilekin et les Ndekmagnengou.
Au quartier Ndekagnebe la famille Ndekmenbi
Au quartier Bougnomong, les familles Mafé, Ndekendeng, Ndekjombe et Ndekmissoup.
Au quartier Bognagna, les familles Ndektikiti, Ndektiken et Ndek-Ngnak.
Au quartier Ndokondal aucune famille ne nous a été fournie.
Au quartier Ndekbambous la famille Ndekhibou.
Ndiki-village étant ainsi constitué de plusieurs familles, elles se reconnaissent par ces quatres devises :
Ndiki : Indiki oye basasa mene mikime, oye ba na nindi, ba Bengueleke ès ondomba ; aba mosan o mioko wo lè kenda O molan, a sè a Ndokolomaka a Pemba bekokinyaman.
Signification: les Ndiki sont si nombreux qu’ils sont dispersés dans tout le pays. Lorsqu’ils n’ont pas laissé aux autres populations le temps de leur apporter les cadeaux de vassalité, déjà ils regardent de tous côtés pour voir si les cadeaux n’arrivent pas. De même que la poule couveuse craint, par peur de petits carnassiers, de s’aventurer dans le bouquet derrière la case, de même personne ne s’approche des Ndiki de peur d’être capturé.
Mafé : « A fé, o ye ba ta tiokolok, o ye bulek »
Signification : Mafé que depuis longtemps l’on tracasse, Comme si patiemment l’on perforait un trou en eux, C’est bulek qui eut toujours les palabres qu’il ne cherchait pas.
Ndeketen : « Etena, wa hionobe etenena mekule ma bosok »
Signification : les Ndeketen sont si vénéneux, dangereux, qu’ils sont capable de détruire n’importe qui et n’importe quoi.
Ndikipembus: “Embus, abuose bobe, monenen wo meluk wo faka o mesoa “
Signification: les Ndikipembus sont comme un jour de malheur ils sont si mauvais qu’ils tuent tout le monde et il y a tant de pleurs dans le pays que l’on n’a plus le temps de boire le vin de palme qui
croupit au fond des calebasses et devient imbuvable.

La généalogie est très longue, nous ne nous en tiendrons qu’à ceux qui ont marqué l’histoire des Ndiki pendant et après la colonisation.

SOMO, symbole de la popularité des Ndiki, a eu à concilié l’administration européenne à celle des Ndiki. Après lui vient NYENGUE, et après celui-ci MALANGA, qui prend le pouvoir en 1925 et meurt en 1946 après 21 ans de règne. MOUITIMISSI succède à MALANGA le 9 février 1947 et meurt en 1967. La chefferie connaîtra une période à vide pendant deux ans avec BAKADOUNGUI
comme conseiller. Puis BANEN est nommé chef pour trois ans. Après sa destitution, BAKADOUNGUI prend le pouvoir et depuis 1984 il est nommé chef de canton du second degré de l’Inoubou-Nord.

Ndiki-Village est l’un des rares villages dotés d’infrastructures à l’européen : la mission protestante française. Elle est d’un apport incontestable avec son école primaire, son temple d’église et surtout son dispensaire qui survient à toutes heures aux besoins des populations.

En somme, malgré ces traits saillants qui le caractérisent, l’électrification et l’installation d’un grand marché au niveau de la bretelle de Mafé feront de Ndiki un village phare. Cet apport serait salutaire et éviterait ainsi à toute la population de Ndikiniméki, de parcourir des kilomètres avant de vendre le produit de leur récolte.

dimanche, 16 juin 2019 23:39

Le village Ekondj

Ekondj est l’un des quatre villages qui constituent l’ensemble Alinga. Il est aussi connu sous le nom d’Enock. Enock est le père des quatre enfants Toukou, Boya, Bissoung et Kondj, Vous trouverez en ces quatre nom l’origine de quatre village bien connus du milieu Banen à savoir : Nitoukou, Neboya, Ndok Bissoung et enfin Ekondj.
Ekondj est un village d’environ 1 000 à 1 500 habitants situé dans l’arrondissement de Nitoukou. Il est limitrophe avec les villages Ndokbissoung, Nitoukou, Nitoukou III, Omeng et aussi par le village Lemandé. Ekondj est constitué à son tour de huit autres petits villages qui ont chacun leur importance dans la vie de toute la communauté villageoise. Il s’agit des villages Ndoksongden, Nébassel, Nikoung, Mafout, Bounaboukégni, Ihouk, Ikobi et enfin Nébalongmak.
L’organisation politique traditionnelle présente deux chefs de villages: un à Nebassel, et L’autre à Nébalongmak, ces deux chefs sont assistés des chefs de quartier de chacun des autres petits villages.
Du point de vue géographie physique, le village est parsemé de collines grandes et petites dans les régions de Bonaboukégni et Mafout et de Ndoksongden. Les régions plates que nous pouvons appeler ici plaines se rencontrent à Nébassel et Nébalongmak. Le village est tel que l’on ne peut pas faire deux kilomètres sans rencontrer une colline. Le village est en région forestière, et les femmes sont obligées de parcourir de grandes distances pour trouver une savane pour la culture des plantes qui ne peuvent pousser qu’en savane. Les forêts qui côtoient les maisons sont réservées aux cultures de rentes telles que cacao et le café.
Sur le plan économique, Ekondj est parmi les grands producteurs de café de l’arrondissement. La culture du cacao y est moins développée, mais on rencontre des populations qui s’y sont adonnés. L’activité majeure est relative aux travaux champêtres qui leur procurent les revenus annuels notamment la culture des produits de rentes pour les hommes et les cultures vivrières pour les femmes dont la production à savoir patates, ignames, arachides, petits pois etc. est également destinée à la consommation locale, les excédents en cas de besoin sont vendus.

Ekondj comme la plupart des villages enclavés, connaît des problèmes d’infrastructures de communication pour l’évacuation des produits agricoles. Une voie unique non bitumée dessert chacun des petits villages à partir de Nébassel. Aussi en saison des pluies, l’accès pour les automobiles est quelque peu difficile. Les villages sont toutefois reliés entre eux par des pistes.
Le problème le plus crucial est celui de l’exode rural. Un exode somme toute logique pour les jeunes élèves et étudiants appelés à poursuivre leurs études en dehors du village. On note aussi un exode de jeunes qui bien qu’ayant abandonné l’école vont chercher fortune ailleurs au grand dam de la survie des traditions et de la productivité qui est en baisse du fait du poids de l’âge et le poids du travail sur les populations restantes.
Sur le plan de la scolarisation, le village Ekondj compte à lui seul trois écoles primaires dont deux publiques à Mafout et Ndoksongden et une catholique à Nébassel. Ces trois écoles accueillent les enfants des villages voisins. C’est à travers ces écoles que les jeunes reçoivent leur formation primaire pour se déporter à Nitoukou ou dans une autre ville pour l’enseignement secondaire. L’école catholique de Nébassel qui est plus ancienne des trois

dimanche, 16 juin 2019 23:29

Le village Ndokbou

Ndokbou est un village de l’arrondissement de Ndikinimeki. Il est situé à 60 km du Centre-ville et reste aujourd’hui l’un des villages les plus enclavés de l’arrondissement. Bordée de gros arbres, la piste ombragée qui contourne les collines permet de découvrir les merveilles de ce village. Et de toucher du doigt les réalités de ses habitants.

Le nom Ndokbou peut se diviser en deux mots distincts ‘’Ndok’’ ‘’bou’’. Le premier signifie ‘’ descendance’’ et le second le nom de la personne qui en est la souche. En clair, ‘’ Ndokbou‘’ signifie ‘’ la descendance de bou’’ Bou est donc le point de départ de la généalogie Ndokbou. Le village qui à l’origine était un est aujourd’hui séparé en Ndoukbou I et II du fait il se raconte d’une histoire de partage du gibier entre deux frères, l’un ayant décidé de quitter le village pour aller s’installer ailleurs. Aujourd’hui avec le temps, le mariage est possible entre descendants des deux frères.

Ce village a dans le temps livré de nombreuses guerres contre d’autres clans et aussi lors des troubles des années de l’indépendance. Pendant la guerre, les combattants étaient dirigés par le chef qui détenait le totem du village, ils avaient le pouvoir d’hypnotiser, de disparaître au moment opportun, d’aveugler l’ennemi. Aujourd’hui, ce village qui a été habité par les allemands a perdu une bonne partie de ses forces mystiques d’autrefois. Il ne possède même pas d’un véritable guérisseur traditionnel. Les populations sont parfois obligées de faire appel aux guérisseurs d’autres villages.
Ndokbou est cœur de la forêt, dense qui fournit des essences à la scierie de Ndiki. Il a est considéré comme le village où l’on trouve en abondance la viande de brousse et du bon poisson. La faune de Ndoukbou est riche et variée. Il n’est pas difficile d’y rencontrer des troupeaux d’éléphants, des bandes de phacochères, sangliers, gorilles, pythons, chimpanzés et autre. C’est le réservoir de gibier de Ndikinimeki. On y trouve également d’importants cours d’eau tels qu’Inoubou et son affluent Môlô. Ces cours d’eau regorgent de nombreuses espèces de poissons de toutes tailles, et des crocodiles.

Les terres de Ndokbou sont très fertiles. Tout ce qu’on y cultive réussit à merveille. Les populations cultivent une grande variété de produits vivriers : banane, macabo, manioc, etc.
Tous ces produits sont en mesure de remporter des prix dans des comices agro-pastoraux. Elles peuvent à elles-seules approvisionner le reste de l’arrondissement en produits vivriers. On y trouve également du cacao et du café. Cependant les habitants sont confrontés a des grandes difficultés telles que le saccagent des champs par les animaux sauvages comme les éléphants. Dépourvus d’armes, ils n’ont recours qu’aux pièges qui n’ont aucun effet sur les éléphants. De plus les habitants éprouvent de nombreuses difficultés à écouler leurs produits dans le reste de l’arrondissement. Il n’y a ni marché périodique local, ni voie de communication adéquate.
Cette situation d’éloignement et d’isolement se ressent dans la vie de tous les jours. L’éclairage à la lampe à pétrole est un luxe qui n’est pas à la portée de tous, Les cases sont toutes en terre battue, recouvertes de nattes. Les jeunes émigrent vers les centres urbains.

Ndoukbou est la destination idéale pour les amoureux de la nature dans sa pureté et pour ceux qui veulent s’imprégner des fondements de la culture banen. Nostalgiques de la vie au village, je vous le conseille.

L’agriculture
Les populations de la commune sont essentiellement tributaires des ressources agricoles. La production est diversifiée et est composée des cultures vivrières, des cultures maraîchères et de la principale culture de rente qui est le cacao (Théobroma cacao). L’agriculture vivrière est pratiquée sur des terres de plus en plus infertiles à cause de la dégradation dont elles sont sujettes ceci dû à la persistance de l’agriculture itinérante sur brûlis. Elle est rythmée par la répartition des pluies dans l’année. Les spéculations dominantes sont les tubercules et racines (igname, manioc, macabo, patate) et aussi le plantain, le maïs, la banane, le taro, etc. L’agriculture maraîchère est marginale et se pratique dans les bas-fonds et certains sites appropriés. La culture légumière y est dominante. L’agriculture de rente est dominée par la culture du cacao dans tous les villages, à côté du développement de la culture du palmier à huile. Ces cultures sont les principales sources de revenus de la plupart des paysans et se pratiquent sur des parcelles dont la taille varie entre 1 et 2 ha.

L’élevage et la pêche
Tout comme l’agriculture, l’élevage fait partie intégrante des activités des populations de tous les villages riverains de la forêt communale, mais à un degré moindre. On note la présence de deux types d’élevage : un de type traditionnel et l’autre de type semi moderne. Les espèces élevées ici de façon traditionnelle sont les caprins les ovins, quelques porcins et poulets dits « du village ». Les poulets de ponte et les poulets de chair quant à eux font l’objet d’un élevage dit semi moderne. L’élevage des lapins, des aulacodes et des cailles est encore embryonnaire et le potentiel en matière de production et de marché reste sous exploité au vu des nombreux débouchés qu’il offre dans les grandes villes de Yaoundé, Douala et Bafoussam où les produits dudit élevage sont vendus à des prix élevés. Pour ce qui est du cheptel, les chiffres montrent qu’il y a eu un net accroissement du nombre

La pêche reste une activité périodique qui se pratique par une infime partie des populations et surtout en saison sèche. Les villages les plus concernés par cette activité sont ceux traversés par les principaux cours d’eau arrosant le territoire communal que sont : Molo, Inoubou, Bassaben, Biadjang, Nihep, Makombé et Kiakan. Ces villages sont ceux de Ndokbou I et II, Mafé, Ndikiyel, Akouté et Ndikitiek où il existe même quelques pêcheurs professionnels. Les territoires de pêche correspondent aux différents lits d’écoulement des cours d’eau car l’activité se pratique le long des cours d’eau sus cités. Les méthodes de pêche utilisées sont : La pêche à l’épervier ou « Onof » en langue vernaculaire, la pêche à la ligne, l’empoisonnement des cours d’eau, la pêche à la nasse «moussongo », la pêche au barrage « Moulomb ». Les espèces pêchées sont les silures ou clarias, les tilapias, les carpes, les crevettes et quelques fois les tortues marines. Les produits de cette activité sont généralement destinés à la consommation de la petite famille et en cas d’abondance à la vente. En outre, il existe quelques étangs piscicoles traditionnels dans les villages d’Akouté, Ndikiyel et Ndekalend tenus par des particuliers. Ces étangs sont aussi une source d’approvisionnement en poisson d’eau douce.

Le commerce
Dans la commune on relève la présence de deux principaux marchés dont l’un est véritablement fonctionnel à savoir celui de Ndikiniméki. Le second qui est celui de Ndokbou est presque non opérationnel à cause de l’impraticabilité de la route qui y mène. Le marché de Ndikinimék nouvellement construit à l’entrée de la ville aux abords de la nationale N°4 a lieu deux fois par semaine. Le site de l'ancien marché en plein coeur de la ville est à présent affecté à la gare routière. On trouve aussi en plein centre ville des boutiques et autres petits commerces qui fonctionnent de manière permanente tous les jours. D’autres types de points de vente existent mais plus spécialisés: ce sont ceux situés le long de la nationale N°4 où sont vendus des tubercules, du gibier, des fruits et bien d’autres produits, tout comme le fort pôle marchand du côté du carrefour de NDENGATA.

Les activités de transport
Le transport à l’intérieur de la ville Communale est assuré par les mototaxis qui desservent aussi les villages riverains. On note également la présence de quelques taxi-brousses qui assurent la liaison entre la ville de NDIKINIMEKI et celle de MAKENENE. Le transport interurbain quant à lui est assurer par les cars et autobus détenus par des particuliers, car il n’existe aucune agence de transport dans la commune. L’auto stop des véhicules transigeant entre Yaoundé et la Région de l’Ouest sur la Nationale N°4 fait aussi partie des habitudes des populations dans le cadre du transport interurbain. Le site de l'ancien marché du centre ville est aujourd'hui aménagé pour le stationnement des transporteurs interurbains, des taxi-brousses et des mototaximans qu'on trouve également aux abords du « Carrefour du lion ».

Principaux services de l’espace communal.

Dans le secteur administration territoriale, décentralisation, sécurité et maintien de l’ordre on y trouve la Sous-préfecture, le commissariat de sécurité Publique de Ndikinimeki qui n’est pas encore construit, le commissariat spécial, la brigade de gendarmerie et la Prison Secondaire,

Les fréquentes coupures d’électricité et le non respect du code de la route par les usagers augmentent l’insécurité dans l’espace urbain de NDIKINIMEKI.

Dans le secteur agriculture (urbaine et péri urbaine), nous avons la délégation d’arrondissement de l’agriculture et du développement rural. On note l’absence d’un poste agricole.

Dans le secteur Elevage, pêches et industrie animales on retrouve la délégation d’arrondissement de l’élevage, des pêches et industries animales

Dans le secteur de la Santé nous avons un hôpital de district qui a un taux de couverture vaccinal de 96%, 68% de santé de reproduction, 82% de prise en charge de paludisme et 95% de VIH/SIDA. Le taux de couverture épileptique est de 88% et celui de la lèpre est de 100% (un seul cas de lèpre pris en charge et déjà guéri). Le taux de prévalence du VIH/SIDA est de 3,2% (480 malades sont en charge dans le district de santé), tandis que le taux d’utilisation de la MII est de 95% et celui du mectizan pour la lutte contre l’onchocercose est de 84%. La surveillance des épidémies est 78% de même que le contrôle de la maladie.
Nous avons également une Pro-Pharmacie à Ndiki centre, trois Centres de santé intégré dont un seul notament ceui de Ndiki centre est opérationnel, ceux de Boutourou et Ndokowanen étant non fonctionnels et enfin deux Centres de santé Privée l'un à Ndiki centre, lo'autre à Ndokobassaben regroupement

Dans le secteur de l'éducation de base nous avons 14 écoles maternelles à :  Ndiki centre, Nebolen, Nefante, Etoundou 2, Ndema, Ndekalend, Ndikoto 1, Ndikoti 2, Ndokononoho, Ndokobassaben regroupement,  23 écoles primaires à  Ndiki centre, Ndokohok Newbell, Ndokohok village, Nebolen, boutourou, Etoundou 1, Nefante, Ndekalend, Ndikoti 1, Ndikoti 2, Ndokobagna, Ndokononoho, Ndokowanen, Ndokobassaben village, Ndokobassaben regroupement

Dans le secteur de l'enseignements secondaires  nous avons 3 lycée  à Ndiki centre, Nebolen notamment dont 2 Lycée d’enseignement général, et un lycée d'enseignement technique 2 CES à Ndikoti 2, et à Ndokwanen l'unique collège privé est le CETIG de SOMO à NDIKI centre.

Dans le secteur de la culture, en dehors de la bibliothèque municipale en bon état de fonctionnement, aucune autre infrastructure culturelle n’existe dans l’espace urbain communal. Il n’y a pas de foyer culturel, de salle de spectacle, ni de centre d’animation pour les jeunes. Tous les dispositifs de manifestation culturelle restent encore à créer pour mettre en mouvement d’immenses potentialités locales. On note la présence de plusieurs groupes de danses traditionnelles.

Dans le secteur des affaires sociales Il existe un centre des affaires sociales fonctionnel. Les activités menées par les couches vulnérables sont : l’artisanat, l’agriculture, le commerce. Aussi, beaucoup de problèmes subsistent, notamment la marginalisation, les finances limitées et l’insuffisance d’appui de toutes sortes. On remarque l’absence d’une école de formation des filles mères et d’un centre d’encadrement des handicapés. Il existe aussi un centre des Déficients auditifs

Dans le secteur de l'eau et de l'énergie Il existe un réseau d’Adduction d’Eau (CDE) Malgré tout, on accuse des fréquentes coupures d’électricité, avec un éclairage public insuffisant. La présence des coupures oblige les populations à s’éclairer aux lampes tempêtes et aux groupes électrogènes. Il y'a aussi 11 Forages  dont 06 fonctionnels : Bakongo haut, Niol, Bognombang, Soame bas, Soame haut, Yitike ye pépako et 05 non fonctionnels : Hôpital de district, Ndekbodaba, Ondjack, Ndiki, Ndengata. On trouvr 2 Stations Service d’Essence à Ndiki Centre  et 1 Service d’AES SONEL à Ndiki centre 

Dans le secteur de la Forêts et faune, il existe un Poste de contrôle forestier et de chasse à Ndiki centre l’exploitation forestière, la coupe sauvage des arbres sur pied dans les plantations agricoles et l’exploitation frauduleuse constituent une activité clandestine organisée.
Principaux services de la commune

La démographie
La commune de Ndikiniméki est peuplée essentiellement des Banen, les autres ethnies présentes étant des halogènes. Pour ce qui est du peuplement des villages, celui-ci s’est fait avec les grands flux migratoires qui ont suivi l’indépendance du Cameroun. Ainsi avec les hostilités qui naquirent des grands élans de répression des mouvements nationalistes encore appelés « Maquis » les populations, jadis situées dans la forêt, lieu d’affrontement par excellence entre l’armée gouvernementale et les nationalistes, furent obligées de migrer vers leurs sites actuels pour éviter les grands massacres qui sévissaient à ce moment. C’est alors que furent crées les villages actuels aujourd’hui situés tout le long de l’axe lourd ainsi qu’aux alentours et dans la ville de Ndikiniméki. Seules les populations des villages de Ndokbou I et II sont restées dans leur site d’origine. Quant aux autres, bien que s’étant déplacées de la forêt, ils gardent la propriété de leurs anciens sites de la forêt malgré la faible exploitation dont ceux-ci sont sujets de nos jours par leurs populations. Cette population estimée à 17 462 habitants pour 8 818 hommes et 8 644 femmes selon les informations issues du 3èmeRecensement Général de la Population et l’Habitât (RGPH) de 2005, aujourd’hui, sur la base du taux d’accroissement, elle est de 24.227 habitants

La religion
De par sa diversité culturelle, la commune constitue le lit de presque toutes les religions du Cameroun en plus des croyances animistes qui les côtoient. S’agissant des croyances monothéistes, l’on note la présence des églises protestantes, de l’église catholique romaine, de l’islam et des pentecôtistes. On note aussi ces derniers temps la prolifération des églises néo apostoliques. Autant les populations des villages riverains manifestent un certain respect vis-à-vis des croyances occidentales, autant elles éprouvent une grande dévotion envers les pratiques ancestrales qui selon elles, font partie de leurs coutumes.

L'habitat et le cadre de vie
Quatre modes d’habitats ont été recensés dans la Commune :
- Les maisons en terre battue recouverte de tôle ou de paille,
- Les huttes présentes dans les campements de chasse ;
- Les maisons en brique de terre recouverte de tôles dont certaines sont crépies au ciment ordinaire ;
- Les maisons en parpaings recouvertes de tôles, qui sont généralement construites par les élites dans leurs villages ou dans la ville de Ndikiniméki ; Il est à noter que les proportions des habitats des différentes catégories varient selon le degré d’enclavement des villages. Ainsi les maisons en terre battues avec un recouvrement en tôles ou en pailles sont beaucoup plus nombreuses dans les villages enclavés de Ndokbou I et II que dans tous les autres villages de la Commune.

L'organisation traditionnelle
Chaque village est dirigé par un chef de troisième degré, l’autorité centrale, élu à vie être connu à la fois par les populations et l’administration. Il est assisté par des notables constitués de vieux et plus jeunes, viennent ensuite les autres membres de la communauté.
- Les patriarches de chaque village constituent une minorité assez influente et sont le plus souvent consultés pour des questions d’ordre traditionnel de grande importance. Les élites intérieures et extérieures ainsi que les élus locaux, patriarches, responsables politiques, jouent également un rôle primordial dans les prises de décisions.
- L’implication de ces élites dans les affaires du village a pour avantages ; la réalisation de certains projets et infrastructures, le meilleur suivi des activités à réaliser dans les villages et la plus grande prise en compte des préoccupations locales.
- Le système de filiation quant à lui est patrilinéaire. Les us et coutumes locaux concernant le mariage obéissent au principe d’exogamie inter clanique stricte : le mariage n’est autorisé qu’en dehors du groupe de parenté.

Le système d’accès au foncier
Le système d’accès au foncier dans la commune de Ndikiniméki est régi par deux grands aspects : le traditionnel et le moderne qui est le plus rencontré dans la ville avec l’existence d’un plan de lotissement. Pour ce qui est de l’aspect traditionnel, les terroirs des différents villages sont délimités sur le terrain par des limites naturelles : essentiellement des cours d’eau. Un peu plus en profondeur, la forêt appartient à toute la communauté. Aux alentours des villages (2 à 3km) on s’approprie la terre après l’avoir mise en valeur. Ces terres ainsi acquises sont normalement transmises par voie d’héritage, d’après le système patrimonial, mais peuvent aussi être transférés par un système de prêt, de donation ou de vente à des tierces personnes par les ayants droits. Les campements, les zones de pêches et de chasses s’apparentent à des propriétés collectives. L’aspect moderne quant à lui est le plus manifeste dans le chef-lieu de l’arrondissement avec l’existence d’un plan de lotissement pour le centre urbain. Ce lotissement a fait du périmètre urbain la propriété privée de l’Etat. De ce fait, la commune n’a pas d’emprise directe sur le foncier urbain qui est géré par le sous-préfet. L’accès au terrain dans ce cas relève du sous-préfet qui les attribue. A la fin d’occupation de ce périmètre, les besoins d’extension de la ville ont tendance à amener la commune à mettre en place un nouveau lotissement.