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lundi, 02 juin 2014 00:00

Pouvoirs des chefferies

Influence traditionnelle

Les chefs traditionnels conservent une forte influence morale et spirituelle sur leurs administrés. Néanmoins, du fait de l'absence de nombreux chefs de leurs villages (ceux-ci étant par ailleurs fonctionnaires, hommes d'affaire, etc..), les chefferies perdent peu à peu de leur influence, souvent au profit des élus locaux, comme les maires ou les députés.

Pouvoir juridique

En 1963, la Cour Suprême du Cameroun a jugé que partout où il a été légiféré, la loi l'emporte sur la coutume. Elle ne s'applique que dans les vides législatifs. De même, la coutume ne peut aller contre la constitution.
En matière foncière, la coutume a longtemps été utilisée faute de droit écrit, mais la loi a prévu la transformation de la propriété coutumière en titre foncier sous peine de déchéance. Les litiges coutumiers peuvent être tranchés par des tribunaux coutumiers, mais ceux-ci sont appelés à disparaître au profit des tribunaux de premier degré.

Emblématique du chef

Quelles que soient les particularités de chaque chefferie, toutes s'organisent autour de la figure emblématique du chef, désigné selon les régions par les appellations de Fo, de Mfon , Lamido ou Mey. Dans les royaumes musulmans, les monarques, naturellement chefs des croyants, portent parfois le titre de sultan.

Organisation sociale

Pivot de l'organisation sociale, le chef exerce des fonctions à la fois politiques et spirituelles. La prospérité de son règne est étroitement liée à son rôle de médiation entre le monde des vivants et celui des ancêtres, entre le monde ordonné de la chefferie et celui, dangereux, de la brousse. L'autorité reconnue des chefs ne signifie pas, pourtant, qu'ils gouvernent sans partage. Une très stricte hiérarchie de grands serviteurs, d'adjoints et de sociétés secrètes contribuent à l'exercice du pouvoir et à l'équilibre des corps qui entourent quotidiennement le monarque.
Le centre symbolique du pouvoir est évidemment le palais, reflet d'une vision du monde propre à chaque culture. Dans la plupart des royaumes, un véritable art de cour, de même qu'une rigoureuse étiquette, matérialisent à la fois le système de valeur et le statut des membres de la communauté.
Aujourd'hui, les chefferies se trouvent à la croisée des chemins. Le nécessaire équilibre entre la conservation du patrimoine, les changements de la société et les aspirations individuelles est par nature précaire et ne se réalise pas sans heurts. Mais la permanence et le prestige du pouvoir traditionnel attestent d'un sens de l'adaptation séculaire et les chefferies, lamidats et et royaumes demeurent des points de référence dont chaque camerounais tire une légitime fierté.

Publié dans Cameroun pratique
lundi, 02 juin 2014 00:00

Chefferies et royaumes au Cameroun

Origine des chefferies traditionnelles

Les chefferies traditionnelles du Cameroun sont à l'origine des micro-Etats ou des Etats pré-coloniaux. On peut les regrouper en trois principaux groupes :

  • Au Nord (peuples peuls) nous avons de grands lamidats féodaux "tout-puissants" ;
  • A l'Ouest (Grassfields), les chefferies qui tirent leur pouvoir d'une longue tradition rituelle ;
  • A l'Est, au Centre et au Sud on retrouve des chefferies patriarcales.

A l'époque coloniale, les puissances européennes qui se sont succédé au Cameroun vont s'appuyer sur celles-ci pour asseoir leur pouvoir, le chef traditionnel devenant ainsi l'indispensable auxiliaire entre la population et le pouvoir colonial.
A l'accession du Cameroun à l'indépendance, le Président Ahidjo s'appuiera également sur ces chefferies pour conserver la maîtrise du territoire national en s'assurant les loyautés des chefs traditionnels. En 1977, toutefois, un nouveau statut est adopté qui transfère certains pouvoirs administratifs aux maires.

Qu'est ce qu'une chefferie ?

On appelle chefferies des entités anciennement indépendantes, de tailles et d'importances variables, qui épousent les contours des micro-Etats précoloniaux. Le Cameroun compte ainsi un nombre important de chefferies dites traditionnelles qui sont le résultats de processus de migrations et d'agrégations complexes. Les plus anciennes entités politiques centralisées, les principautés kotoko, se sont constituées à partir du VIIIe siècle dans l'Extrême-nord du pays. Dans leur ensemble pourtant, la plupart des chefferies actuelles ont été fondées vers le XVIe siècle dans les Grassfields (Ouest et Nord ouest Cameroun), et à partir du XIXe siècle pour les lamidats peuls du Nord, sous l'égide des empires de Sokoto et de Yola. Dans la zone sud du pays, les chefferies des aires culturelles béti et sawa coiffent de vastes lignages plus que des unités culturelles clairement individualisées.

  1. Rôle dans la vie culturelle et politique

Les chefferies et royaumes traditionnels jouent un rôle fondamental dans la vie culturelle et politique du Cameroun. L' État camerounais reconnaît et s'appuie sur l'autorité morale des chefs, distinguant entre chefferies des 1er, 2e et 3e degrés. A l'heure actuelle, la plupart des camerounais assimilent la chefferie au village au sens large, lieu privilégié d'identification et recours naturel, tant lors des périodes de repli que dans les stratégies de reconnaissance sociale et politique .

Le statut administratif des chefs traditionnels

Les chefs ont un statut d'auxiliaire administratif. Ils servent souvent de lien entre l'administration et les populations du village et ont encore autorité pour rendre la justice traditionnelle (notamment pour les affaires foncières et civiles, dont les successions), même si la suppression de cette compétence est réclamée par diverses associations de défenses des droits de l'homme.
Avant la réforme de 1977, ceux-ci étaient membres de droit du bureau local du parti présidentiel. En effet, dès l'indépendance, Ahidjo s'est appuyé sur ceux-ci pour assoir son pouvoir.

La nomination des chefs traditionnels

Les chefs traditionnels sont nommés sur avis des « notables » de la chefferie. L'autorité administrative entérine ensuite leur nomination, laquelle est publiée au journal officiel. Toutefois, il arrive que l'administration refuse le choix des notables et imposent un autre chef. Ce cas reste toutefois très rare.

Les différentes catégories de chefferies

Les chefferies sont catégorisées en degré selon leur taille et leur hiérarchie historique :

  • la chefferie de premier degré ; elle couvre au moins deux chefferies du deuxième degré et son territoire ne peut aller au-delà des limites départementales ;
  • la chefferie de deuxième degré ; elle couvre au moins deux chefferies du troisième degré et son territoire ne peut aller au-delà des limites d'arrondissements ;
  • la chefferie de troisième degré ; elle correspond à un village en milieu rural ou à un quartier en milieu urbain.

Ces différents degrés représentent la hiérarchie des chefferies entre elles.

Publié dans Chefferies et royaumes

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