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mercredi, 26 février 2014 10:35

La structure traditionnelle chez les beti

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Chez les Beti, la prééminence est «basée sur la filiation », et déterminée par la séniorité. La préséance est donc reconnue à l'aînesse (Ntol). Mais bien que la séniorité crée l'autorité d'une manière automatique, cette dernière est limitée , souvent menacée par le principe qui veut que «le plus capable» soit le plus influent. Et souvent aussi, l'autorité dont bénéficie l'aîné paraît soumise à un contrôle efficace. Ainsi, ce n'est que lorsque son équité et l'efficacité de son pouvoir d'exécution étaient reconnus que le Nyàmoro (l'ainé) devenait chef dans sa zone d'influence. Au cas où le pouvoir n'est pas basé sur la séniorité, ou alors si l'aîné est incapable de gouverner, d'autres éléments peuvent conférer le statut de leader dans la société Beti à tendance égalitaire.

D'abord pour s'imposer comme Chef, le physique était nécessaire par le passé, mais celui-ci n'était toutefois ni obligatoire ni suffisant;
Ensuite le don de la parole et l'éloquence sont d'autres qualités que doit réunir un individu pour prétendre au leadership en pays Beti. L'art de «gouverner » est pour l'essentiel le maniement du langage, car le don oratoire permet sans aucun doute de posséder son auditoire.
À ces premières caractéristiques du pouvoir vont s'ajouter deux autres importantes à savoir : le courage (ayog) et la générosité (akàb). La générosité du chef de lignage chez les Beti apparaît sans aucun doute la qualité la plus importante.
Ainsi, le chef est, chez les anciens Beti, celui dont la communauté attendait les plus éminents services. En effet, le chef chez les Beti doit se montrer akàb ; mot à mot « Partageur » de (Kàb : partager), qualité souvent associée au mot mgba ; (sociable, affable). La richesse qu'il a acquise, il doit la redistribuer, et d'abord à ses descendants ; mais aussi, bien qu'il ne soit lié là par aucune obligation définie, on s'attend à ce qu'il fasse profiter ses pères, ses frères, ses voisins, voire l'étranger de passage à qui il donnera une large hospitalité. Il est le premier du pays, celui chez qui on est sûr de trouver toujours à manger, et vont profiter à plus forte raison de sa richesse ceux envers qui il a des devoirs précis : beaux-parents et neveux par exemple.
Dans ces circonstances, la société Beti ne peut que valoriser à l'extrême l'homme capable de réunir en lui toutes ces qualités et d'influencer suffisamment les innombrables chefs indépendants pour les orienter vers les objectifs communs. Le pouvoir chez les Beti est donc d'abord personnalisé. Le chef dans cette société doit être un «mfan mot», «vrai homme», un ntomba « homme distingué », et un nkukuma « homme vraiment riche ».
La société Beti, par ce jeu de force plus ou moins antagoniste, variable en intensité selon les conjonctures, est préservée à l'encontre de toute concentration excessive de pouvoir ; cela explique qu'elle n'ait pas permis, malgré son caractère de société militaire conquérante, l'apparition d'une féodalité au moins rudimentaire. Le pouvoir, rigoureusement contrôlé ne s'est organisé qu'au niveau des unités réduites -village ou groupes de villages parents ou voisins».

Au regard des éléments ci-dessus présentés, on peut dire que le leadership dans le contexte Beti-Fang peut s'accommoder du modèle paternaliste du "père protecteur" où le pouvoir est au service de ceux sur qui il s'exerce : pouvoir altéro-centré et où il y a recherche d'un échange équilibré.

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yna

Yaoundé